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Edito: Conseil fédéral : Des règles simples

Doris
Leuthard est la 109ème membre du Conseil fédéral. Personne n’a mis en
question le siège du parti démocrate-chrétien. Et la nouvelle
conseillère fédérale peut se prévaloir d’avoir redonné souffle et unité
à un parti à la dérive.
Que demander de plus ? Des compétences particulières en matière de
gestion administrative, une expérience de l’exécutif, une vista
politique hors du commun ? Qui peut se targuer de prédire le succès
d’un futur magistrat sur la base de son parcours ?
Ce scénario sans surprise a agacé les médias qui n’ont eu que le
sourire photogénique et les yeux étonnés de la députée argovienne à se
mettre sous la dent. Restait donc à spéculer sur le nombre de suffrages
qui se porteraient sur la présidente du PDC (finalement 133 sur 242) et
sur un possible deuxième tour, qui n’a pas eu lieu. Pas de quoi ficeler
un feuilleton à suspense. Quant aux groupes parlementaires, ils jouent
sagement le jeu des auditions qui ne révèlent rien qu’ils ne sachent
déjà.
Passons sur les motivations folkloriques qui permettent à certains
parlementaires d’exprimer à bon compte leur différence. Les trois
députés romands de l’extrême gauche, fidèles à leur refus d’appuyer une
candidature bourgeoise, ont déclaré qu’ils ne soutiendraient pas Doris
Leuthard. Une défection qui pèse aussi peu que le poids politique des
intéressés. Rappelons pourtant que ces mêmes trois, parce qu’ils n’ont
pas voté pour Ruth Metzler, ont permis l’élection de Christoph Blocher.
Mais la palme revient à la socialiste bâloise Susanne Leutenegger
Oberholzer qui avait reproché à la candidate démocrate-chrétienne son
«manque de respect et son arrogance» car elle avait annoncé vouloir se
rendre à un match de football en Allemagne le jour précédent son
élection !
Les Verts semblent confondre l’élection d’un membre du gouvernement
avec la procédure d’adhésion à leur parti. Les positions de Doris
Leuthard sur l’énergie, l’environnement, l’immigration notamment,
fâchent les écologistes. A ce tarif, croient-ils un jour placer l’un ou
l’une des leurs au Conseil fédéral ? La députation verte aux Chambres
fédérales, contrairement à ses homologues cantonaux, peine à se
démarquer d’un fondamentalisme que nombre de ses membres ont hérité de
leur passage par l’extrême gauche.
L’élection d’un membre de l’exécutif implique tout d’abord que soit
reconnue la place d’un parti au sein du collège. Pour son équilibre et
son bon fonctionnement, chaque parti doit veiller à présenter des
personnalités aptes à élaborer des solutions de compromis. Le choix en
2003 d’un deuxième représentant de l’UDC, un parti qui cherche
systématiquement le conflit et un magistrat incapable de collégialité,
montre bien les dégâts que peut engendrer le non-respect de ces règles
simples.
jd


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