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Finances publiques : La vertu sans recettes

icone auteur icone calendrier 5 mai 2006 icone PDF DP 

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Provocateur
à son habitude, le ministre de la Justice, qui rêve de tenir les rênes
du budget fédéral, avait préconisé de réduire de 40% les dépenses de la
Confédération. Son collègue Hans-Rudolph Merz avait évoqué des coupes
de 30%. L’automne dernier encore, le Conseil fédéral envisageait de
comprimer les dépenses de 20%. La semaine dernière, le collège
gouvernemental a fixé l’objectif à 14%, soit des économies d’un montant
de 8,5 milliards. Cette relative modération ne doit pas faire oublier
que les deux programmes d’économies déjà réalisés en 2004 et 2005 ont
permis de réduire les dépenses d’environ 10%.

La palette des multiples activités de l’Etat mérite certes examen. Les
tâches confiées à la Confédération au fil des ans – par ceux-là mêmes
qui aujourd’hui réclament un rigoureux régime minceur – ne relèvent pas
toutes de l’intérêt général ou, pour le moins, ne présentent pas le
même degré d’urgence ou d’importance. Il est donc utile, comme le
prévoit le Conseil fédéral, de procéder à un inventaire et de fixer des
priorités.

Mais l’exercice est d’emblée faussé par la démarche. Avant même
l’examen des domaines d’activités et des tâches, le gouvernement
s’impose un cadre financier rigide. Certes il vise un équilibre
budgétaire durable à l’horizon 2015. Mais c’est un équilibre à bas
niveau que veut atteindre le gouvernement, dans l’illusion que la santé
économique du pays ne peut que bénéficier d’un abaissement de la
quote-part de l’Etat. Or il faut le répéter sans relâche : en
comparaison internationale, la Suisse connaît une charge fiscale et des
dépenses publiques modérées. Par ailleurs, des pays comme l’Autriche,
la Suède, le Danemark et la France bénéficient d’une croissance
économique nettement supérieure à la nôtre, alors même que la
quote-part étatique et la fiscalité y sont plus lourdes.

La stratégie du Conseil fédéral relève de la pure idéologie. Elle ne
procède pas de l’analyse des besoins et des moyens nécessaires à leur
satisfaction. En s’imposant un équilibre budgétaire qui exclut des
recettes nouvelles, le Conseil fédéral fait de l’amaigrissement de
l’Etat une vertu. Une vertu dont la facture risque de coûter cher en
termes de cohésion sociale et de dynamisme
économique.     

jd

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