Après deux jours d’intense battage et de comparaison entre Le Matin
bleu et le premier numéro de 20 minutes, reprenons la comparaison un
jour normal, par exemple le lundi 13 mars. Pour les élections
communales vaudoises, même emplacement sur la première page juste sous
le titre et des renvois en page trois. Le Matin bleu est très factuel :
«Lausanne devient plus verte, Morges et Nyon virent à gauche». 20
minutes verse dans le sensationnalisme approximatif avec en titre
«tsunami rose dans les grandes villes». Par contre, le journal
d’Edipresse se contente d’un quart de page en trois, alors que 20
minutes consacre une page entière aux élections. Dans les deux cas,
l’information très factuelle est impeccablement ramassée.
Le principal titre en une de 20 minutes est assez ésotérique : «Maroc :
libéré grâce à des Fribourgeois». Une recherche plus étendue sur
Internet nous apprend que le chirurgien dont il est question ici a été
libéré après un délit d’opinion, à la suite d’une vaste campagne de
presse et pas seulement par le soutien de ses amis suisses. Mais cette
petite exagération sera pardonnée. Le Matin bleu titre sobrement sur
l’interdiction de fumer dans les lieux publics votée au Tessin. Le
ventre de la une est consacré dans les deux cas au grand prix de
Formule 1 de Bahrein.
Deux quotidiens fort semblables, difficiles à distinguer au premier
coup d’Å“il sauf peut-être pour la publicité. Et c’est dans ce domaine
que la supériorité de 20 minutes apparaît grâce à son réseau national.
L’entreprise Dell, plus gros vendeur d’ordinateurs via internet, place
une demi-page de pub dans Le Matin bleu, en regard de la page économie,
alors que le même fabricant a acheté une page entière à 20 minutes.
C’est peut-être cela qui fera la différence entre les deux journaux :
20 minutes et son réseau helvétique seront beaucoup plus efficaces pour
attirer les annonceurs nationaux. Les mois qui viennent seront
décisifs. Faisons le pari qu’un seul gratuit subsistera à l’automne en
Suisse romande


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