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Edito: Tabac, friture sur la ligne

icone auteur icone calendrier 24 février 2006 icone PDF DP 

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La
communication des autorités fédérales ne brille ni par la transparence
ni par la clarté. Le Conseil fédéral en a donné récemment une triste
illustration dans le dossier de la vente de Swisscom. Les bégaiements
du gouvernement semblent maintenant faire école dans l’administration.

Le 14 janvier dernier, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP)
publiait un communiqué relatif aux additifs contenus dans les
cigarettes. Une étude qu’il avait commandée révèle que les cigarettes
de certaines des trente-deux marques vendues en Suisse contiennent des
additifs non autorisés. Quant aux additifs autorisés, ils doivent faire
l’objet d’analyses supplémentaires qui pourraient conduire à une
adaptation de la réglementation. Selon les spécialistes, certains
additifs contribuent à stimuler la consommation de tabac, ce que
démentent les fabricants.

Le consommateur s’interroge. Quelles marques contiennent des additifs
non autorisés ? Et les additifs autorisés ne semblent pas anodins
puisqu’ils pourraient faire l’objet d’une interdiction. Le consommateur
s’étonne. L’OFSP dit avoir informé les autorités cantonales d’exécution
en vue d’analyses ultérieures et d’une éventuelle contestation des
produits actuellement en vente. Pourquoi donc cette retenue de
l’autorité fédérale ? Les analyses commandées par l’OFSP ne sont-elles
pas fiables, qu’il faille les vérifier dans les laboratoires cantonaux
? Et si elles le sont, pourquoi ne pas interdire sans tarder ces
produits ?

A lire le communiqué de l’office, il apparaît que ce dernier n’est pas
sûr de son fait. Il annonce en effet qu’il poursuit les analyses tout
au long de cette année «pour confirmer certains résultats». Et
d’ajouter qu’il est en train d’évaluer les données sur les additifs que
fabricants et importateurs sont tenus de lui fournir chaque année,
données qu’il publiera «en temps voulu».

Une telle information crée plus de confusion qu’elle ne contribue à
éclairer les consommateurs. Elle laisse supposer que l’administration
n’ose attaquer de front la puissante industrie du tabac, qui par
ailleurs bénéficie de solides relais parlementaires. Bref, l’OFSP sait
mais ne sait pas tout à fait, et il ne va pas tarder à savoir. Alors
pourquoi parler ? Il démontre lui-même l’inutilité de son message en
rappelant que «fumer avec ou sans additifs nuit à la santé».
   

jd

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