Pendant des décennies de stricte protection, la politique agricole a
fabriqué des prix très élevés. La réforme entamée en 1992 a renversé la
tendance. La baisse est spectaculaire au niveau de la production. Les
prix payés aux agriculteurs ont chuté de 21,2%. Les consommateurs n’en
ont guère profité. L’indice des prix à la consommation dans
l’alimentation a augmenté de 7,8%. L’indice général a, quant à lui,
progressé de 12,1%. Les sacrifices imposés aux paysans ont, au
mieux, modéré le renchérissement de l’alimentation qui était constant
avant la réforme de la politique agricole. Mais l’écart entre
l’évolution des prix à la production et à la consommation est
spectaculaire.
1993-2005
Prix production Prix consommation
Produit céréaliers
-2,8%
+3,9%
Viande
+7,2%
+20%
Lait
-23,8%
-17,8%
Fromage
-26,1%
+0,3%
Beurre
-7,9%
-5,5%
Une santé presque sage !
Le secteur de la santé est la cible de toutes les critiques en raison
de la hausse constante des primes d’assurance maladie. Mais lesdites
primes ne sont pas prises en compte par l’indice des prix. Avec raison
(cf. Salaire réel et revenu disponible , Gavillet André ( ag ), DP n°1658, du 16 Septembre 2005), car l’indice relève l’évolution du prix des
prestations et non l’augmentation de la consommation médicale. Le prix
des prestations de santé évolue mois rapidement que l’ensemble de
l’indice.
1996-2005
Indice général des prix +8,7%
Indice prix santé +5,9%
Médicaments -10,4%
Prestation médecins +0,6%
Prestations dentaires +9,1%
Services hôpitaux +14,1%
Pour l’Office fédéral de la statistique, la baisse de prix des
médicaments provient, pour une part, de la nouvelle rémunération des
pharmaciens. C’est la seule réforme de la politique de la santé qui ait
eu une incidence significative sur les prix.
Cosmétique et efficacité
Les prix devraient baisser suite au renforcement de la loi sur les
cartels notamment avec la libéralisation des importations parallèles et
l’interdiction des accords d’exclusivité pour le service après-vente
dans le secteur de l’automobile. Mais l’OFS reste incertaine et se
borne à mentionner une «tendance à la baisse non quantifiable». Même
prudence dans l’appréciation des accords bilatéraux avec l’Union
européenne qui devrait, à long terme, faire pression à la baisse des
prix.
Les taxes nouvelles pour limiter les émissions de CO2 ont un effet
techniquement chiffrable sur l’indice des prix. Mais les décisions
minimalistes entraînent des hausses négligeables : 0,03% pour le
centime climatique. Si la taxe sur les huiles de chauffage est admise
dans la version du Conseil fédéral, l’indice des prix progressera de
0,3%. La répercussion sur l’indice de la redevance sur les
poids lourds n’est pas mécanique. L’OFS s’aventure à estimer une
«légère hausse».
L’incertitude n’est plus de mise dans le secteur des télécoms. L’indice
des prix a diminué de 40% entre 1998 et 2005. La baisse est générale
mais elle est spectaculaire pour les services liés au réseau fixe. Ce
triomphe de la mise en concurrence ne s’est pas (pas encore) vérifié
pour les services postaux. L’ouverture du marché des colis n’a eu qu’un
effet marginal. Quant à l’acheminement des lettres, encore sous
monopole, il a renchéri de 10,3% de 2002 à 2005 alors que
l’indice général progressait de 3,4%.





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