Page d'accueil - 1 Navigation - 2 Aller au contenu - 3 Derniers articles - 4 Recherche - 5 Contact - 6

Edito: Lex de Canibus

Lorsqu’il
s’agit de légiférer, la Suisse aime à prendre son temps. Cette lenteur,
il est vrai parfois exagérée, suscite les critiques des tenants d’une
gestion efficace de l’action publique. Au point que certains n’hésitent
plus à mettre en cause les droits populaires, coupables de freiner,
voire d’empêcher les adaptations que requiert l’évolution rapide de
l’environnement social et économique.

C’est oublier que l’action collective n’obéit pas aux lois qui
régissent les entreprises. En démocratie, les décisions tirent leur
légitimité de majorités parlementaires et populaires. Et parce que les
intérêts en jeu le plus souvent divergent, il est nécessaire de trouver
des solutions de compromis. D’où la pratique d’associer ces intérêts à
la préparation des projets législatifs, de soumettre ces derniers à une
large consultation. Le soutien majoritaire est à ce prix. Mais cette
condition formelle garantit également que les normes adoptées seront
mieux respectées. Acceptation et conformité aux règles constituent en
quelque sorte les dividendes du temps préalablement investi.

La procédure suscitée par le drame d’Oberglatt s’écarte de cette
démarche. Sous la pression médiatique, les autorités bousculent le
rythme. Dans la précipitation, des cantons édictent des listes de races
à bannir, quatre ici, douze là, seize ailleurs, la laisse pour les uns,
la muselière pour d’autres, comme si le comportement des chiens variait
d’une région à l’autre. D’autres cantons attendent la détermination de
Berne. Pas longtemps car Joseph Deiss, d’un naturel plutôt prudent, met
sous pression l’Office vétérinaire fédéral qui lui soumet deux semaines
plus tard un train de mesures, sur la base d’une norme légale qu’on est
allé chercher dans la réglementation des manipulations génétiques. Suit
une procédure de consultation de cinq jours seulement.

Cette hâte traduit d’abord le souci de calmer la légitime émotion du
public, plutôt que celui d’améliorer efficacement la sécurité des
personnes sur la base de connaissances cynologiques solides. Comme si
ce soudain activisme devait faire oublier l’indifférence des autorités
à l’égard des graves accidents de ces dernières années – refus de
légiférer et application lacunaire des dispositions en vigueur. Entre
inaction et précipitation, il y a place pour une intervention
réfléchie, qui articule adéquatement mesures et objectifs.

Recommander cet article
logo creative commmons license creative commons

La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/8923 - Merci

Discussion

Pas encore de commentaire.

Les commentaires sont fermés.

Le Kiosque de DP

RSS email icon

Das «beste Gesundheitssystem» wird zum Lazarett

Das Schüren von Angst macht krank. Ärzte wissen das. Trotzdem malen ihre Fachgesellschaften schwarz und machen Gesunde zu Kranken (Infosperber)

icone lien Lire l'article

Lackmusprobe für Bundesrat Alain Berset

Die Pharmaindustrie lobbyiert für höhere Medikamentenpreise. Der starke Franken mache ihr zu schaffen – in Wahrheit profitiert sie (Infosperber)

icone lien Lire l'article

«Um euren Finanzplatz mache ich mir keine Sorgen»

Griechenland wird laut Star-Ökonom Nouriel Roubini nicht das einzige Land sein, das die Eurozone verlassen wird. Weshalb er für die Schweiz deshalb kaum Gefahr sieht, erklärt er im Interview mit Tagesanzeiger.ch/Newsnet

icone lien Lire l'article

«Die Asylverfahren sind kafkaesk»

Migrationsexperte Thomas Kessler sagt, von der Schweizer Asylpolitik profitierten heute die Falschen. Er fordert einen Umbau unter linker Führung (Tages-Anzeiger)

icone lien Lire l'article

«Die Politiker sind süchtig nach Moral»

Der Germanist Peter von Matt sieht die Affäre Hildebrand auch als Folge einer boulevardisierten Politik. Und gerade davon habe die Bevölkerung genug, wie die letzten Wahlen zeigten (Tages-Anzeiger)

icone lien Lire l'article

D’une grande crise à l’autre: quelles ruptures politiques?

Peut-on tirer les leçons de la crise de 1929 ? (Le Monde)

icone lien Lire l'article

Freie Hand für die Vermögensverwaltung der Bundesräte

Sous réserve de légères restrictions, les membres du Conseil fédéral sont libres de gérer leur fortune privée (NZZ Online)

icone lien Lire l'article

Le drôle de destin de la taxe Tobin, des altermondialistes aux libéraux

Drôle de destin que celui de cette taxe, imaginée par un économiste libéral aux Etats-Unis en 1972, popularisée par les altermondialistes d’Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne), et portée par les socialistes européens, avant de se voir aujourd’hui défendue par des gouvernements libéraux comme ceux de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel (Le Monde)

icone lien Lire l'article

2012-2015: les enjeux sociaux en Suisse

Ces quatre prochaines années, les débats seront vifs sur toutes les composantes du système social suisse : l’AVS, le deuxième pilier, la maladie, le chômage, l’invalidité et la pauvreté. Etat des lieux et des enjeux. Par Stéphane Rossini (Revue REISO)

icone lien Lire l'article