Mode lecture icon print Imprimer

Edito : Messieurs les présidents

icone auteur icone calendrier 25 novembre 2005 icone PDF DP 

Thématiques

Petit
à petit le canton de Vaud met en place les dispositifs voulus par sa
nouvelle Constitution. La pierre de touche de cet esprit nouveau sera
le redécoupage des districts qui devrait être opérationnel pour les
élections de 2007. Mais on peut craindre une dérobade ! Pour l’heure,
le Conseil d’Etat a réfléchi au rôle qu’il confiera au président qu’il
élira pour cinq ans. Pas de pouvoirs spéciaux, ce qui n’aurait été
concevable que si le président tenait du peuple sa légitimité. Pour
autant cela ne signifie pas que son rôle sera une simple préséance.

D’abord la manière de présider est une qualité essentielle, celle de
laisser chacun s’exprimer sans que s’abandonnent les prolixes, l’art de
résumer les enjeux, etc. Le président n’est pas maître de l’ordre du
jour, mais il peut faire admettre des priorités et surtout il surveille
l’échéancier, outil majeur de la bonne politique. Ce qui pose problème,
le plus souvent, c’est ce qui ne vient pas à la surface, ce qui n’est
pas prêt dans les délais. La planification bien tenue, c’est une
responsabilité présidentielle.

Mais ce qu’on attend surtout de lui, c’est qu’il donne à l’extérieur
une visibilité au canton, dans les affaires fédérales, dans les
relations intercantonales. Il doit être une figure connue à l’échelle
nationale et plus particulièrement romande. Comme nous l’avons déjà
demandé, il devrait être invité par les Grands Conseils des cantons
voisins non pas pour un discours de courtoisie, mais une présentation
et un débat sur les relations intercantonales. La responsabilité
première du président sera le décloisonnement intercantonal.

Le président éphémère de la Confédération découvre, lui, sans effort,
la politique étrangère. Bien qu’il n’ait pas le titre de chef d’Etat,
il incarne, provisoirement, la Suisse au plus haut niveau. Mais ce rôle
nouveau est mal défini. Les relations avec le responsable des affaires
étrangères ne sont pas clarifiées, bonnes ou mauvaises selon
l’activisme du président. Certes, chacun y trouve l’occasion de se
donner une nouvelle dimension. Samuel Schmid, avec sa placidité de
notaire bernois, devient à Tunis une force tranquille dans l’arène
internationale. Mais qui a rédigé et approuvé son discours ?

Les affaires étrangères bousculent nos institutions et la fonction
présidentielle. Au niveau cantonal, le rôle est à créer. Au niveau
fédéral, le rôle est à redéfinir, ce qui implique la réforme du Conseil
fédéral ajournée depuis si longtemps. Un choix à la fois institutionnel
et politique devant lequel les responsables reculent.   

DOMAINE PUBLIC

Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Un point de vue de gauche, réformiste et indépendant
En continu, avec liens et réactions sur http://www.domainepublic.ch
Chaque semaine, par courriel, sur papier ou comme eBook (gratuit).

Lien vers l'article: http://www.domainepublic.ch/articles/8851
logo creative commmons Republier
La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/8851 - Merci
fleche imprimer Envoyer Envoyer

Si vous avez apprécié cet article, ne manquez pas les prochains en vous abonnant gratuitement au moyen d'une des trois options suivantes.

L'hebdomadaire

Recevez tous les lundi par courriel le sommaire des nouveaux articles et le lien vers l'édition PDF ou l'édition eBook.

Articles par courriel

Recevez chaque article dès parution (un courriel par jour au plus).

Flux RSS

Lisez les articles dans votre agrégateur, ajoutez les sur votre blog ou site.

Discussion

Pas encore de commentaire.

Les commentaires sont fermés.