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Aide sociale : le profil du désespoir

icone auteur icone calendrier 11 novembre 2005 icone PDF DP 

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Quelques
chiffres certes sans surprises pour casser les idées reçues. Les
statistiques de l’aide sociale pour 2004 ont été publiées par la Ville
de Lausanne. Les tendances ne sont sans doute pas très différentes
d’une ville à l’autre. Dans le canton de Vaud, l’aide sociale reposait
sur deux piliers qui vont disparaître à la fin de l’année pour être
remplacés par un système unique baptisé «revenu d’insertion». Jusque-là
une différence était faite entre les bénéficiaires de l’aide sociale,
personnes sans ressources, et le revenu minimum, personnes sans emploi
ayant épuisé leurs indemnités chômage. Au-delà de la simplification
administrative, il faut également y voir un effet de société : le
chômeur de longue durée cesse de plus en plus d’être employable comme
on dit et tombe dans la nasse de l’aide sociale.

Tous dispositifs confondus, les étrangers représentaient 58,9% des
bénéficiaires alors qu’ils sont 41,2% dans la population lausannoise de
moins de 65 ans. Le chiffre est bien sûr élevé, mais il n’est pas
disproportionné lorsque l’on sait que les non-suisses sont en général
nettement moins bien formés que les Helvètes. La vision des étrangers
qui profiteraient en masse de l’aide sociale est fausse.

C’est le niveau de formation qui est le principal critère explicatif.
D’ailleurs les statistiques nous disent que 51,3% de la population qui
émarge à l’aide n’a effectué que la scolarité obligatoire, alors
qu’elle ne représente que 21,7% de la population de la ville de
Lausanne. Les familles monoparentales, concrètement les femmes seules
avec enfants, sont massivement touchées : elles représentent 28,6% des
personnes aidées, alors qu’elles ne sont que le 10,1% de la population.

Étrangers, femmes seules avec enfants, formation de base insuffisante,
une personne qui cumulerait ces trois caractéristiques a clairement
beaucoup de difficulté à s’en sortir. Les tendances qui se dégagent de
ces statistiques lausannoises sont sans doute, à peu de choses près,
les mêmes partout ailleurs. Un des lieux communs les plus répandus
consiste à prétendre que les emplois peu qualifiés disparaissent. C’est
largement faux. Ils ont changé de nature et se retrouvent dans les
services. Si la formation et la prise en charge des familles sont un
enjeu important, la revalorisation des emplois peu qualifiés est
fondamentale afin qu’ils constituent une porte de sortie honorable pour
les personnes sans emploi.

Lausanne déchiffrée, courrier statistique, n° 2, 2005, Statistique Vaud.

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