Page d'accueil - 1 Navigation - 2 Aller au contenu - 3 Derniers articles - 4 Recherche - 5 Contact - 6

Les souris savantes

Aujourd’hui
très chères, les animaleries sont indispensables aux sciences de la
vie. Malgré les contestations, elles restent un outil primordial pour
les chercheurs.
Juste avant le H5N1 et le SARS il y avait le CJ. Les troupeaux de
vaches attaquées par la maladie de la vache folle, des millions
d’animaux éliminés, et une augmentation inquiétante d’humains frappés
par une variante nouvelle de la maladie de Creutzfeld-Jacob, aux
symptômes similaires. L’agent qui cause l’affection n’est pas un virus,
mais une protéine anormalement conformée, le prion, qui peut par
cascade déformer les autres protéines du neurone pour le détruire. Si
l’on sait aujourd’hui ces choses si simples, c’est essentiellement
grâce aux souris transgéniques. Les plus importantes furent produites à
l’université de Zurich, en particulier la souris dont le gène pour la
protéine prion avait été inactivé et qui a permis de comprendre le mode
de propagation, les cibles, le mode d’infection du prion. Aujourd’hui
la société biotech zurichoise Prionics commercialise le meilleur kit de
détection de la maladie de la vache folle ; c’est un des gros succès du
transfert de technologie, de la souris transgénique au marché et à la
protection de la santé.

Un trésor frétillant
Les souris transgéniques se sont banalisées. On est loin de la souris
brevetée qui aurait répondu à toute question sur le développement du
cancer, comme l’épisode de l’Oncomouse® le faisait craindre.
Aujourd’hui les souris transgéniques répondent chacune à une question
très précise. Ce qui n’est pas banalisé par contre, c’est leur
production, longue et coûteuse. Elles constituent pour une équipe de
recherche un trésor crucial qui s’échange avec d’autres ; seules les
équipes de recherche capables d’assurer ce service seront reconnues
internationalement.
Il arrive que le trait modifié rende la souris très fragile et qu’elle
meure avant l’âge de reproduction ; on doit alors conserver les souris
porteuses mais non malades, et le nombre de cages à maintenir, pour une
mutation, peut donc exploser.
Ce qui a aussi explosé, c’est le coût de ces animaux. Les animaleries
ont été professionnalisées et le contrôle par les vétérinaires est
effectif et continu. Le coût de chaque animal est aujourd’hui facturé
au chercheur. A l’université de Zurich, par exemple, le coût des
animaux correspond à 60% des ressources ordinaires en sciences de la
vie reçues par le département. La pression budgétaire est constante,
car il faut choisir entre matériel, personnel et animaux. Et il n’y a
pas trop de ces derniers aujourd’hui dans les animaleries des
universités suisses.
Animaux indispensables, animaux coûteux, voilà les conditions cadre ;
une faculté sans animalerie courra le risque de l’insignifiance.

Complétez votre information  :

Société vaudoise pour la protection des animaux (Référendum contre une nouvelle animalerie à l’Université de Lausanne)

Recommander cet article
logo creative commmons license creative commons

La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/8830 - Merci

Discussion

Pas encore de commentaire.

Les commentaires sont fermés.

Le Kiosque de DP

RSS email icon

Das «beste Gesundheitssystem» wird zum Lazarett

Das Schüren von Angst macht krank. Ärzte wissen das. Trotzdem malen ihre Fachgesellschaften schwarz und machen Gesunde zu Kranken (Infosperber)

icone lien Lire l'article

Lackmusprobe für Bundesrat Alain Berset

Die Pharmaindustrie lobbyiert für höhere Medikamentenpreise. Der starke Franken mache ihr zu schaffen – in Wahrheit profitiert sie (Infosperber)

icone lien Lire l'article

«Um euren Finanzplatz mache ich mir keine Sorgen»

Griechenland wird laut Star-Ökonom Nouriel Roubini nicht das einzige Land sein, das die Eurozone verlassen wird. Weshalb er für die Schweiz deshalb kaum Gefahr sieht, erklärt er im Interview mit Tagesanzeiger.ch/Newsnet

icone lien Lire l'article

«Die Asylverfahren sind kafkaesk»

Migrationsexperte Thomas Kessler sagt, von der Schweizer Asylpolitik profitierten heute die Falschen. Er fordert einen Umbau unter linker Führung (Tages-Anzeiger)

icone lien Lire l'article

«Die Politiker sind süchtig nach Moral»

Der Germanist Peter von Matt sieht die Affäre Hildebrand auch als Folge einer boulevardisierten Politik. Und gerade davon habe die Bevölkerung genug, wie die letzten Wahlen zeigten (Tages-Anzeiger)

icone lien Lire l'article

D’une grande crise à l’autre: quelles ruptures politiques?

Peut-on tirer les leçons de la crise de 1929 ? (Le Monde)

icone lien Lire l'article

Freie Hand für die Vermögensverwaltung der Bundesräte

Sous réserve de légères restrictions, les membres du Conseil fédéral sont libres de gérer leur fortune privée (NZZ Online)

icone lien Lire l'article

Le drôle de destin de la taxe Tobin, des altermondialistes aux libéraux

Drôle de destin que celui de cette taxe, imaginée par un économiste libéral aux Etats-Unis en 1972, popularisée par les altermondialistes d’Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne), et portée par les socialistes européens, avant de se voir aujourd’hui défendue par des gouvernements libéraux comme ceux de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel (Le Monde)

icone lien Lire l'article

Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques?

Par Michel Rocard et Pierre Larrouturou (Le Monde)

icone lien Lire l'article

2012-2015: les enjeux sociaux en Suisse

Ces quatre prochaines années, les débats seront vifs sur toutes les composantes du système social suisse : l’AVS, le deuxième pilier, la maladie, le chômage, l’invalidité et la pauvreté. Etat des lieux et des enjeux. Par Stéphane Rossini (Revue REISO)

icone lien Lire l'article