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Un tournant en 1934

icone auteur icone calendrier 28 octobre 2005 icone PDF DP 

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Les derniers témoins de la «grande crise» des années
trente disparaissent. Ceux qui l’ont vécue la rapprochent de la crise
actuelle. Ils découvrent des comportements assez semblables des
gouvernants. En 1945, à la fin de la guerre, les dirigeants d’alors
promettaient d’assurer le plein-emploi grâce à des mesures susceptibles
de créer des occasions de travail. Evidemment, on s’inspirait de
l’économie de guerre. De nos jours, le nazisme et le communisme ne font
plus peur. Seul le profit semble motiver. Nombreux en profitent mais
nombreux aussi en souffrent. Quant aux esprits, ils évoluent. Le Parti
socialiste suisse élabore un nouveau programme économique. Une
conférence de presse a fait le point à mi-parcours. Jean-Noël Rey,
coprésident de la commission en charge du projet, interrogé par La
Liberté, «regrette une certaine absence des Romands».Le même journal
note dans son commentaire que «le PSS tente de quitter ses tranchées
idéologiques». En fait il ne fait que confirmer une tendance commencée
en 1934-1935, quand la VPOD (SSP), au Congrès de Lausanne, et le PSS,
ont adopté «Le Plan de Travail» qui abandonnait la ligne «neo-marxiste»
du début du XXe et ouvrait «une voie pour sortir de la crise et de la
misère». Le Belge Henri de Man (1885-1953) en était l’inspirateur. Le
planisme a fait l’objet d’une première conférence européenne1 en
septembre 1934 à l’Abbaye française de Pontigny. Parmi les huit
participants suisses, signalons Ernst Reinhard, président du PSS, le
futur conseiller fédéral Willy Spühler et Hans Oprecht. Il n’y avait
pas de Romands. Encore très étatiste, ce plan de travail a fait place
pour le PSS, en 1943, à un programme intitulé «La Suisse Nouvelle» (à
ne pas confondre avec le livre du socialiste religieux Leonhard Ragaz,
paru pendant la Première Guerre mondiale). C’était un programme
d’après-guerre qui faisait une large place à la coopération.
L’évolution a ensuite continué. S’agit-il d’une trahison ? Certainement
pas. Mais tous ceux qui veulent un Parti socialiste responsable, proche
de sa base et compétent en matière économique, ont intérêt à suivre et
à participer aux travaux d’élaboration du nouveau programme économique
comme l’a fait la section socialiste de Schleitheim (SH)2.

1 Der Plan der Arbeit, VPOD, 1934, compte rendu de la Conférence de Pontigny.
2 sp-links.ch (octobre 2005).

A lire : Benno Hardmeier, Geschichte der sozialdemokratischen Ideen in
der Schweiz (1920-1945), Verlag P. G. Keller-Winterthur 1957 et Rote
Revue, 9 octobre 1959 et plus particulièrement l’article de Hans
Oprecht, «Zur Geschichte der Programme der SPS».

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