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Des villes à la hauteur des cantons

Le
canton de Zurich ne renoncera pas aux transplantations cardiaques. Ce
refus signe l’arrêt de mort de la répartition des tâches entre cantons
en matière de médecine de pointe.

Cette «affaire»  transpose dans le champ médical ce qui se déroule
depuis longtemps dans le domaine de l’aménagement du territoire
national. Une manifestation de la difficile reconversion de la
solidarité confédérale face à la concentration croissante des activités
et des populations dans et autour des grandes villes du pays, face à la
force d’attraction de plus en plus grande de celles-ci.

L’acuité de la polémique sur la répartition des activités médicales de
pointe doit beaucoup à la sous-estimation par la classe politique et
les intellectuels de ce pays des questions relevant de l’aménagement du
territoire et de leur évolution sans doute irréversible. Aujourd’hui
encore cette cécité politique et culturelle est partagée par l’Office
fédéral du développement territorial (ODT) qui défend encore la
«concentration décentralisée», un très ancien concept des années trente
redéfini au début des années septante et toujours en service, mais
complètement inopérant face à l’évolution réelle du territoire.

Zurich a sans doute de bonnes raisons de refuser de s’insérer dans un
processus très ambigu de répartition d’activités importantes où tous
les partenaires jouent au poker menteur dans un impossible scénario
entre collaboration et concurrence.

Le canton de Zurich abrite la principale ville du pays, la métropole,
la ville-mère. Les autres grandes villes, Bâle et Genève, sont des
villes-filles, des villes-sœurs. On ne peut sans risques les affaiblir.
La Suisse a besoin de ses grandes villes pour exprimer son identité par
leur intermédiaire. Ce sont, au propre comme au figuré, les portes
d’entrée de la Confédération.

Les villes sont en concurrence pour forger leurs identités. Tant mieux.
Tout est préférable en la matière à l’absence de différence. Il faut
que s’établisse une hiérarchie des villes. L’aménagement du territoire
national consistera alors à réguler les rapports entre des villes en
mouvement et non plus à attribuer a priori des activités entre les
cantons.

Certes malgré la forte polarité de leur ville, les Zurichois, trop
longtemps frappés par un immobilisme politique et culturel, sont
parfois quelque peu autistes, encore insuffisamment conscients de leur
position et de leurs responsabilités. Mais avec une autre politique
territoriale, cette attitude devrait changer
rapidement.            dm

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