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St-Gall, le précurseur

icone auteur icone calendrier 14 octobre 2005 icone PDF DP 

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La
presse suisse romande s’est dernièrement fait l’écho du projet «jobs à
1 000 francs» de l’écologiste zurichoise Monika Stocker. Derrière ce
titre à scandale se cache un principe simple. La ville doit promouvoir
la création d’entreprises sociales offrant un salaire partiel complété
par l’assurance sociale. Pour se faire une idée concrète de ce que
cette innovation pourrait devenir, il faut s’éloigner de notre capitale
économique pour aller voir du côté de son voisin saint-gallois. Dans ce
canton, la Fondation pour le Travail (Stiftung für Arbeit) a été créée
en 1997 en partenariat avec la Ville de St-Gall, les œuvres d’entraide,
les syndicats et des représentants du monde économique. Elle engage
uniquement des personnes touchant l’aide sociale et propose une «bourse
aux jobs» leur permettant de trouver des stages ou des emplois
temporaires dans une société. Elle ne leur offre par ailleurs aucun
encadrement spécifique. Après un entretien d’embauche, seul le travail
régulier contribue à la réintégration de ces employés particuliers.
Leur salaire est versé intégralement à la Ville qui le complète afin
d’atteindre le revenu minimum, avec en sus une prime de motivation de
250 francs. La Fondation pour le Travail, institution de droit privé
subventionnée à hauteur de deux millions par la Ville, vend ses
compétences aux mêmes conditions qu’une entreprise classique. Elle est
active dans les secteurs où certaines tâches rebutent les firmes
locales, comme le nettoyage ou le jardinage. Afin de ne pas leur faire
concurrence, la Fondation renonce le cas échéant à offrir ses services.
Malgré cette difficulté, le nombre de places de travail proposées n’a
cessé de croître, passant de 40 en 1998 à 150 en 2004 avec un chiffre
d’affaire de 4,5 millions. Le salaire va de 1 000 francs pour un poste
à 50% à 3 400 pour un poste à 100% ce qui fait bondir certains
syndicats qui souhaiteraient que le travail fourni par les employés
soit rémunéré au tarif minimum de la branche. Tiraillé entre ces
craintes de dumping salarial et celles des entrepreneurs, le modèle de
l’entreprise sociale peine à faire des émules en Suisse mais fera
sûrement encore beaucoup parler de lui.    cf

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