Mode lecture icon print Imprimer

S’entraîner à la beauté

Oubliées les femmes objets. De nos jours les concours couronnent des battantes, prêtes à affronter la compétition de la vie.

icone auteur icone calendrier 30 septembre 2005 icone PDF DP 

Thématiques

Les plus anciens s’en souviennent sans doute : voici trente ans, on
parlait à peine des concours de Miss qui semblaient le symbole même du
voyeurisme un peu macho et de la dépendance des femmes. Aujourd’hui
toute la presse romande n’en a que pour Lauriane Gillièron, notre
nouvelle Miss Suisse, première Romande depuis 10 ans, qui remplit des
pages entières du Matin, de L’Illustré et de 24 heures, un tsunami
médiatique qui va déferler toute l’année.

Alors que s’est-il passé ? Le retour de la femme objet ? De la pin up
des années cinquante affichée sur les camions et dans les garages ? En
fait pas du tout. Une élection de Miss ressemble davantage à une
compétition de patinage artistique qu’à un concours de beauté. Lauriane
Gillièron fait ses débuts en gymnastique rythmique à l’âge de deux ans
. Et elle remporte des concours entre 7 et 12 ans comme Martina Hingis
en tennis. A 12 ans, elle commence la danse latino-américaine, et
pratique selon son site Internet 10 heures de danse par semaine, sans
compter les samedis et dimanche à Zurich. Elle obtient des places
d’honneur dans les compétitions, participe au championnat du monde.
Elle fait ses débuts comme mannequin à 17 ans.

Bref, nous avons affaire à une sportive d’élite au corps parfaitement
construit et maîtrisé. Et toutes ces jeunes filles ont des coaches, des
entraîneurs, souvent des préparateurs pour le mental et, j’imagine, des
diététiciens comme beaucoup de champions de tennis. Il faut être un
Federer pour décider à 23 ans que l’on n’a plus besoin de personne pour
réussir ! Ajoutons que sa tête doit aussi être bien pleine. En Suisse,
pour être élue Miss, il faut bien sûr se débrouiller dans toutes les
langues nationales et être capable de faire bonne figure devant les
micros. Pas de problèmes pour la fille du syndic de Prilly qui est
étudiante en droit.

Oui, mais pourquoi cet engouement pour les Miss ? L’Illustré nous dit :
«Sa voix portera pendant une année à travers le pays». C’est bien sûr
absurde : sa voix n’aura pas vraiment d’importance, mais elle
représente le symbole de la course à la réussite individuelle, de
l’effort et de la compétition, tout ce qui est exactement en phase avec
la société d’aujourd’hui et c’est cela qui rend aujourd’hui fascinant
les concours de Miss.

DOMAINE PUBLIC

Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Un point de vue de gauche, réformiste et indépendant
En continu, avec liens et réactions sur http://www.domainepublic.ch
Chaque semaine, par courriel, sur papier ou comme eBook (gratuit).

Lien vers l'article: http://www.domainepublic.ch/articles/8754
logo creative commmons Republier
La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/8754 - Merci
fleche imprimer Envoyer Envoyer

Si vous avez apprécié cet article, ne manquez pas les prochains en vous abonnant gratuitement au moyen d'une des trois options suivantes.

L'hebdomadaire

Recevez tous les lundi par courriel le sommaire des nouveaux articles et le lien vers l'édition PDF ou l'édition eBook.

Articles par courriel

Recevez chaque article dès parution (un courriel par jour au plus).

Flux RSS

Lisez les articles dans votre agrégateur, ajoutez les sur votre blog ou site.

Discussion

Pas encore de commentaire.

Les commentaires sont fermés.