Les agriculteurs suisses tirent 68% de leur revenu du soutien de l’Etat. C’est
le record mondial absolu qu’ils partagent avec leurs collègues
norvégiens. La position internationale de la Suisse n’a guère changé en dépit de la profonde réforme de sa politique agricole. C’est ce que met en évidence la classification établie conjointement par l’OCDE et la FAO sur l’évolution du soutien accordé aux paysans dans les différentes parties du monde, au cours des deux dernières décennies.
1986 2004
Suisse 78% 68%
Norvège 71% 68%
Japon 61% 56%
UE 41% 33%
Mexique 28% 17%
Etats-Unis 22% 18%
Nouvelle-Zélande11% 3%
L’effort de la Suisse n’est pas à négliger. L’OCDE constate notamment que le soutien au prix agricole a été réduit de moitié pour être remplacé par des aides directes essentiellement en fonction de la surface des exploitations et l’effectif du bétail. Mais cette nouvelle stratégie n’a de loin pas éliminé les distorsions de concurrence avec l’étranger. Le soutien à la production de produits laitiers et de viande reste aussi massif qu’avant la réforme. Pas surprenant. Dans sa politique agricole, Berne a toujours accordé la priorité à l’élevage.
Encore des efforts…
Les paiements directs sont subordonnés au respect d’une production respectueuse de l’environnement. L’OCDE salue cette évolution que l’on observe ailleurs et qui se renforcera. Mais les résultats concrets sont encore modestes. Les surfaces affectées à la culture biologique ont progressé de 7% ; celles liées à la compensation écologique de 3% seulement. Mais l’utilisation des pesticides contenant des nitrates et des phosphates n’a pas diminué. La Suisse peut mieux faire si elle entend promouvoir le label vert de ses produits agricoles pour favoriser leur exportation.
… et des sacrifices
La recherche de la qualité ne suffira pas. La pression à l’ouverture des marchés imposera
de nouveaux sacrifices aux agriculteurs suisses. Les négociations en cours à l’OMC
donnent la tendance: éliminaion à terme de toutes les aides à l’exportation et diminution
de 20% des soutiens internes. Et ce n’est qu’une étape. Dans leurs perspectives pour la prochaine décennie, l’OCDE et la FAO s’attendent à une notable amélioration du rendement des pays agricoles du Tiers-monde. La concurrence sera rude avec les pays riches pour conserver ou conquérir de nouveaux marchés. Elle portera essentiellement sur les produits de zone tempérée comme le sucre, les céréales et la viande bovine. Le pays le plus protégé du monde ne pourra pas s’en sortir indemne. at
Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO.
Politique agricole des pays de l’OCDE.
www.oecd.org


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