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Médias : Un ciel noir pour Léman Bleu

icone auteur icone calendrier 24 juin 2005 icone PDF DP 

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Les TV locales sont nées avec de petits moyens. Soutenues la plupart du temps par des communes, elles ont apporté un service de proximité réel, mais limité. La progression attendue des recettes publicitaires n’a pas eu lieu. La nouvelle loi radio-TV a pris en compte cette expérience mitigée. Elle exige le regroupement des trop petits diffuseurs et leur accorde une part grandissante de la redevance. Trois stations locales vaudoises ont rapidement décidé de fusionner. Les diverses autorités communales acceptent de se dessaisir d’une partie de leurs prérogatives et s’allient avec Edipresse qui apporte ses importants moyens économiques et son savoir-faire en matière d’information. C’est une opération «gagnant/gagnant». L’éditeur prend pied dans le secteur grandissant de l’audiovisuel. Les communes s’assurent, par leur participation minoritaire, de la pérennité d’une information de proximité. Les téléspectateurs bénéficieront d’une chaîne plus complète et crédibilisée par une structure professionnelle renforcée.

Le Français plutôt que le Vaudois
La TV locale genevoise a eu, d’emblée, de meilleurs atouts que celles des autres cantons. Elle peut s’adresser à un auditoire potentiel nombreux et relativement homogène. Diffusant dans une riche métropole bancaire et internationale, elle aurait pu attirer les annonceurs. Mais la TV Léman Bleu, contrôlée majoritairement par la ville de Genève directement et à travers son réseau câblé, a accumulé les déboires et les insuffisances. Un directeur a confondu copinage, information et acquisition publicitaire. Une tentative de redresser la barre avec une structure rédactionnelle capable de diffuser une information crédible a échoué, faute de moyens. La structure actuelle n’est plus vivable. L’éditeur lausannois Edipresse, puis le français Hersant, se sont proposés pour professionnaliser la chaîne et imiter la solution vaudoise. La confrontation entre ces repreneurs potentiels a déclenché de surprenantes interrogations sur le caractère plus ou moins authentiquement genevois des deux prétendants. Genève a finalement tranché. Le sauveteur français paraît moins menaçant que le vaudois. Mais la confiance a ses limites. La ville de Genève entend rester majoritaire dans la nouvelle société, un rôle qui ne lui a pourtant pas particulièrement réussi jusqu’à maintenant. Et c’est le blocage. Car l’OFCOM, compétente pour proposer l’octroi de la concession, estime que l’autonomie de la chaîne dans la conception des programmes n’est pas garantie. Non sans raison. La position dominante d’une autorité publique est supportable dans une TV naissante qui limite son intervention politique à la retransmission des débats d’un législatif. Elle n’est plus acceptable lorsque les ambitions d’un média sont plus larges. at

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