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L’eau sous pression à l’OMC

La distribution et le traitement de l’eau figurent à l’ordre du jour des négociations sur la libéralisation mondiale des services. Cette constatation sonne étrangement en Suisse. L’eau appartient aux communes et sa distribution est considérée comme un service public par excellence. Il en va tout autrement chez les grands voisins qui nous entourent. En France, comme en Allemagne, de puissantes entreprises se sont spécialisées dans la distribution de l’eau. Elles ambitionnent d’exporter plus largement leur savoir-faire et leurs affaires à la faveur de l’AGCS (Accord général sur le commerce des services). L’Union européenne a relayé les intérêts de ses multinationales. Elle a demandé à la Suisse d’ouvrir la distribution de l’eau à la concurrence étrangère. Berne a refusé pour d’évidentes raisons. Parce qu’aucune entreprise privée suisse n’ambitionne de conquérir une part du marché de l’eau, parce que le système helvétique fonctionne et que l’on voit mal quels seraient les avantages d’une mise en concurrence de ce service et, surtout, parce que les communes se sentiraient menacées dans leur patrimoine.
Le Conseil fédéral a pris l’engagement public de ne pas négocier sur l’eau. A moins de considérer que les hommes politiques sont «tous pourris», nous devons prendre acte. D’aucuns craignent que le Conseil fédéral sera contraint de changer d’avis sous la pression de l’Union européenne. On peut toujours se faire peur. Mais l’objet n’est pas prioritaire pour Bruxelles et les négociateurs suisses ne sont pas nés de la dernière pluie. Ils sont d’ailleurs étroitement contrôlés de l’intérieur par les communes et leurs multiples relais politiques ou, en dernier recours, par la voie référendaire.
La Suisse s’extrait donc de la gestion mondiale de l’eau. Il en va autrement pour les pays de la sécheresse qui pourraient rechercher l’aide des multinationales avec tous les risques que cela comporte. L’eau, devenue une simple marchandise, pourrait devenir inaccessible aux plus pauvres. Le débat est planétaire. La Suisse ne devrait pas se contenter d’en rester spectatrice (cf. article en page 2). at

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