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Requérants : Politique d’asile, politique d’expulsion

icone auteur icone calendrier 22 octobre 2004 icone PDF DP 

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Le conseiller fédéral Christoph Blocher avait toutes ses raisons de snober le symposium sur l’asile. La rencontre organisée par l’OSAR et le HCR débattait de l’Agenda pour la protection des réfugiés. Ce texte, daté de 2001 et signé par 126 Etats, reconnaît que les migrations massives sont d’abord d’origine économique. Mais la politique restrictive des pays riches pour contenir ces flux ne doit pas compromettre l’accueil des vrais réfugiés. Il préconise des campagnes de sensibilisation de l’opinion, une procédure facilitée pour les requérants d’asile, une meilleure protection des femmes et des enfants.
Un tel programme cadre mal avec les révisions successives de la politique d’asile de la Suisse qui vise avant tout à écarter et expulser les « faux » réfugiés. Le contrôle des flux migratoires est bien sûr indispensable, car le pays, pas plus que l’Europe, ne peut accueillir toute la misère du monde. Mais il y a la manière. Elle atteint parfois l’inacceptable. C’est le cas notamment de la NEM, la procédure de non entrée en matière, que Christoph Blocher entend élargir à de nouveaux requérants.
La procédure NEM part d’une bonne réflexion. Les requérants qui ne répondent manifestement pas aux critères pour obtenir l’asile ne doivent pas prendre racine en Suisse, dans l’attente du lent cheminement de la machine administrative, avant d’être renvoyés. Mais ce principe est appliqué aveuglément. Le requérant doit s’annoncer à Vallorbe ou dans les trois autres centres de premier accueil de Suisse. S’il est reconnu comme NEM, il a moins d’une semaine pour faire recours. Puis il est mis à la porte du centre, muni d’un titre de transport valable un jour dans toute la Suisse. On lui signale quel canton pourrait l’aider à regagner son pays. Il doit alors se débrouiller pour s’adresser à l’autorité chargée de l’expulser. C’est conforme au principe de la répartition fédéraliste des tâches. Inutile de préciser que, pour une grande majorité, les requérants NEM disparaissent dans la nature et deviennent des clandestins. Mais la Confédération économise des frais d’entretien. La politique d’asile mérite d’autres réformes. Qui touchent à l’organisation de l’Etat.

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