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Agriculture: Swiss Dairy Food : fin de l’économie de guerre

icone auteur icone calendrier 4 octobre 2002 icone PDF DP 

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La débâcle de l’entreprise SDF montre que les professionnels du lait ont mal mesuré l’ampleur de la réforme, programmée par les accords bilatéraux, pour quitter l’économie de guerre.

L’entreprise industrielle et commerciale Swiss Dairy Food, issue directement des milieux agricoles, meurt d’avoir cru possible d’appliquer les méthodes de l’économie planifiée héritées de la guerre, alors qu’elle est soumise à la concurrence du marché. A sa création, par fusions successives, elle a ménagé les anciennes structures, en créant un appareil sur-dimensionné. Elle a pris en charge tout le lait fourni par les agriculteurs à un prix encore protégé. Elle a tenté de résorber les excédents avec les méthodes du passé, en fabriquant notamment de la poudre de lait impossible à rentabiliser. Et pourtant, la décision a été prise dans les années nonante. L’agriculture suisse se rapprochera des autres marchés. Le monde politique suisse, aidé par les pressions du GATT, a jugé qu’il n’était plus possible de produire à des coûts élevés et de brader les excédents à l’étranger, principalement en Europe, à coup de subventions massives. Toute l’économie laitière suisse en est bouleversée.

Dur marché européen

La moitié du fromage suisse doit être placé à l’étranger. Avec des difficultés croissantes. Le franc suisse est trop cher. Dans toute l’Europe, la maladie de la vache folle a fait baisser la consommation de viande. Les éleveurs se sont tournés vers le lait. Le prix du fromage européen a baissé. Nos pâtes dures ? ont eu la vie dure ! Plus question de fermer les yeux et d’allonger les centaines de millions de la Confédération pour résoudre le problème. Il faut donc baisser le prix du lait. Il était à un franc par kilo dans les années fastes de l’économie agricole étatique. Il est aujourd’hui à 75 centimes. Quelle dégringolade pour les paysans. Et ce n’est pas terminé. Les accords bilatéraux prévoient la libre circulation du fromage dans cinq ans. Pour atteindre le niveau européen, il faudrait, théoriquement, baisser à nouveau le prix du lait de 30 centimes.
Bernard Lehmann, ancien numéro deux de l’Union suisse des paysans dénonce l’imprévoyance des milieux agricoles. L’adaptation est trop lente. Le label suisse devrait permettre de maintenir une légère différence avec les prix européens. Mais les éleveurs devraient encore accepter au moins une baisse de 10 centimes. Pour supporter ce nouveau sacrifice, il faudra de plus grandes exploitations. Elles sont en moyenne deux fois plus petites en Suisse qu’en Europe. Les agriculteurs devront se spécialiser, dans le lait, dans la viande, pour abaisser leurs coûts. A cela s’ajoute la recherche toujours plus active des spécialités qui trouvent preneur à des prix élevés. Aux antipodes donc de la fabrication de poudre de lait. Berne atténue les rigueurs de la réforme par de fortes subventions directes à des fins écologiques. On pourrait aussi songer à une assurance chômage pour les paysans laissés au bord de la route. at

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