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Transports publics: Une réforme dans la douleur

icone auteur icone calendrier 4 février 1999 icone PDF

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Ë Zurich, le personnel des transports de la ville vote la grève. Ce n’est pas usuel sur les bords de la Limmat.Explications.

Coup de tonnerre, la semaine passée à Zurich. Des fonctionnaires décident de faire grève. L’assemblée du personnel des transports de la ville vote, à l’unanimité moins une voix, un arrêt de travail pour s’opposer à l’augmentation du temps de présence au volant des bus et des trams. La fronde des fonctionnaires, phénomène désormais banal à Lausanne, est vécue comme une révolution des mœurs sur les bords de la Limmat. Dans un ultime effort de médiation, la municipale Esther Maurer parvient, en dernière minute, à éviter la grève. Les partenaires ont décidé de reprendre les négociations.
Le fond de la querelle est loin d’être vidé. Car il en va de la gestion sociale de la profonde réforme des transports cantonaux zurichois. Le test sera riche en enseignement pour l’ensemble de la Suisse. Car, premier canton, Zurich s’est doté d’une loi pour mettre en pratique la nouvelle doctrine de la libéralisation des transports. Le Verkehrsverbund (ZVV), autrefois simple organe de discussion pour l’unité tarifaire, est devenu une puissante institution chargée de rationaliser l’ensemble du réseau, de comparer l’efficacité de chaque transporteur (privés, communes, Poste, CFF), d’exiger de chacun une rentabilité minimale et de mettre au concours, au besoin, l’exploitation de certaines lignes.
C’est ainsi que la ligne de la vallée de la Glatt a été confiée à un transporteur privé, 25 % meilleur marché que la société des transports de la ville de Zurich. Miracle d’efficacité d’un entrepreneur privé ? Les syndicats affirment que les économies sont faites avant tout sur le dos du personnel. Les chauffeurs privés sont au volant 1800 heures par année. Ceux de la ville 1450.
Nous sommes là au cœur du débat. Pour répondre à la concurrence, l’employeur municipal veut réduire progressivement l’écart de moitié et prolonger, dans l’immédiat la durée hebdomadaire de conduite de 33 à 35 heures. Les syndicats renversent l’alternative. Ils réclament la conclusion d’une convention collective qui fixe les conditions de travail au niveau cantonal.
Alignement des conditions sociales vers le haut ou priorité à la maîtrise des coûts et des tarifs pour les usagers ? Il semble bien que la sympathie du public soit allée, la semaine passée, au secours des conducteurs. at

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