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Edipresse: Le temps du nouveau plan social est enfin arrivé

Un accord a été conclu entre les partenaires au sujet du plan social du futur journal Le Temps. La menace de grève n’a pas été étrangère à la réussite d’un compromis plutôt satisfaisant.

Il a fallu brandir un préavis de grève pour que la société éditrice du Temps accepte finalement de participer à l’élaboration d’un plan social convenable pour les collaborateurs du Journal de Genève et du Nouveau Quotidien. Les représentants du personnel et le Syndicat du livre et du papier ( SLP ), invité exceptionnellement comme observateur Ð rappelons qu’édipresse a quitté la fédération patronale Ð jugent cet accord satisfaisant.

Compromis acceptable

Certes les ambitions de chacun ont été revues à la baisse. La société éditrice souhaitait ne pas s’engager dans le plan social, jugeant que les licenciements prévus concernaient avant tout le Journal de Genève et Le Nouveau Quotidien ; en outre elle ne voulait pas se prononcer sur les conditions de travail et le nombre de postes prévu pour le nouveau journal, préférant valoriser le goût du risque et de l’aventure à la sécurité professionnelle. Les représentants du personnel, par contre, souhaitaient que la nouvelle société éditrice soit partie prenante à ces négociations et qu’elle signe un plan social valable pour les deux premières années d’existence du nouveau titre. Finalement la situation s’est débloquée et un compromis a pu être trouvé. La société éditrice du Temps a signé un plan social, mais les mesures d’accompagnement pour les personnes non reprises ne seront assumées que par les éditeurs actuels. Le plan social sera valable durant six mois après le démarrage du nouveau titre. Les employés auront non seulement droit aux délais de congé légaux, mais également à six mois supplémentaires de rémunération.
Quant aux indemnités de départ, elles pourront aller jusqu’à douze mois de salaire ( pour les rares personnes de soixante ans et qui sont depuis plus de trente ans dans l’entreprise ). Sera inscrite aussi la possibilité pour les personnes engagées au Temps, mais dont le rapport de travail est interrompu dans un délai de six mois à partir du lancement du titre, de bénéficier du plan social. Un soutien financier de l’employeur au partage du temps de travail sera assuré à toute personne consentant à réduire son temps de travail : la perte salariale sera compensée à 75 % jusqu’à la fin 1999. En contrepartie, les collaborateurs ont dû signer une clause dite de « bonne foi » où ils s’engagent à « œuvrer sans réserve pour réussir le lancement du Temps » et « à favoriser le projet en évitant notamment toute mesure de nature à mettre en péril ou à retarder la naissance du journal ».
Des négociations ont également eu lieu au sujet de la perte de l’impression du Journal de Genève pour le centre d’impression édipresse de Vernier. Dans ce cas également, la fermeté des salariés a permis au SLP de participer aux négociations. L’automne dernier, il était question de 20 à 25 suppressions d’emploi. Aujourd’hui, la direction ne parle que plus que d’un licenciement. Cependant certains salariés ont dû accepter des déplacements avec perte salariale.

L’horizon n’est pas lumineux

Voilà qui devrait rassurer les esprits prompts à la critique. Mais plusieurs questions viennent tempérer l’enthousiasme. Il est certain que le préavis de grève voté en décembre par les représentants du personnel n’a pas été étranger à la soudaine ouverture de la société éditrice du Temps ; il était urgent que les collaborateurs des deux rédactions s’attellent à la création du nouveau journal. Des 180 collaborateurs travaillant aux deux titres actuels, 150 sont réengagés dans l’aventure. La période de six mois couverte par le plan suffira certainement à identifier les ambitions de l’entreprise, mais aussi « à réduire la voilure » comme l’a avoué le patron d’édipresse, Pierre Lamunière. Passé ce délai, un accord devra à nouveau être négocié. Quant au partage du temps de travail, il fait bien dans le paysage, mais, pour l’instant du moins, seul un cas est recensé, qui a permis de sauver un poste de travail.
Restent enfin les méthodes pour le moins opaques pratiquées par l’éditeur lausannois. à l’heure où nous mettons sous presse, le débarquement immédiat de Guy Mettan Ð le site internet Innocent titrait lundi « Îdipresse a abattu en plein vol son gypaète valaisan » Ð remue le brouillard. La procédure de licenciement(s) d’édipresse confine à la fois à la brutalité et à la bêtise ; elle rèvéle autant l’abus de pouvoir et le non-respect des conventions collectives, que l’inefficacité des grands managers de l’économie privé, obligés ensuite de s’excuser en public de leur «maladresse». Nous reviendrons prochainement sur le sujet. gs

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