Page d'accueil - 1 Navigation - 2 Aller au contenu - 3 Derniers articles - 4 Recherche - 5 Contact - 6

Livre : La solidarité au lieu de la compétition

Il n’y a rien de nouveau dans le livre de Peter Niggli, directeur de la Communauté de travail des œuvres d’entraide suisses. L’association n’est en effet pas un institut de recherche, car elle «agit comme un lobby au nom des six grandes œuvres d’entraide (Swissaid, Action de Carême, Pain pour le prochain, Helvetas, Caritas et EPER) ? elle s’engage pour la justice à l’échelle mondiale et pour le développement durable. Elle s’efforce d’influencer dans ce sens la politique de la Suisse». Mais ce qu’il faut saluer, c’est le fait de prendre la plume et de dire : y en a marre, tout ce qu’on donne d’une main est repris de l’autre, soit par l’économie, soit par les consommateurs, soit par l’Etat. En clair, tous les efforts de la coopération au développement sont ruinés par la politique économique extérieure suisse et internationale.

Pour une vie digne
Peter Niggli se bat pour créer de nouvelles règles du jeu en politique économique internationale. Il propose l’institution d’une autorité fiscale internationale qui réglementerait les places financières, qui encaisserait la taxe Tobin (prélevée sur l’ensemble des transactions financières internationales) et qui imposerait les multinationales. Dans le domaine commercial, il s’élève contre la libéralisation comme but en soi ; celle-ci devrait permettre aux êtres humains de mener une vie digne. Les pays en développement doivent pouvoir protéger certains secteurs de leur économie. Les investissements, les marchés publics doivent bénéficier en premier lieu à l’économie domestique. Il faut soutenir l’intégration régionale et le libre échange Nord-Sud dont les partenaires sont de force trop inégale.
La Communauté de travail va s’engager pour plus de démocratie dans les décisions intergouvernementales. Cela signifie que les parlements nationaux devraient avoir plus de compétences en politique étrangère. Les négociations économiques devraient revenir au sein des Nations Unies où chaque pays a une voix. En effet, à la Banque mondiale ou au Fond monétaire international (FMI), les voix dépendent du PNB de chaque pays et à l’OMC, les négociations ont lieu entre les plus gros exportateurs.

Une péréquation
financière internationale
C’est au niveau des stratégies de développement que ce livre est le plus dérangeant. Il préconise d’abandonner le néo-libéralisme, de réexaminer les diverses théories économiques et de réhabiliter les politiques classiques de développement économique. Et il veut introduire une péréquation financière internationale par laquelle tous les pays riches manifesteraient leur solidarité avec les pays pauvres.
Peter Niggli veut aussi renforcer le rôle de l’Etat en tant que pourvoyeur de services, agent du développement et acteur économique. Cependant, l’argent de l’aide ne doit pas aller aux gouvernements mais aux œuvres d’entraide. Toutefois le livre ignore ce paradoxe.
L’environnement n’est pas oublié, mais c’est un livre essentiellement économique et politique et, pour les œuvres d’entraide, c’est business as usual. Peter Niggli n’a pas remis en question la profonde destructuration qu’opère la seule présence étrangère dans le Tiers-Monde et le peu de responsabilité qui est laissée aux acteurs locaux.

Peter Niggli, La mondialisation, et après ? Quel développement au 21e siècle ? Édité par la Communauté de travail, 2004.

Recommander cet article
logo creative commmons license creative commons

La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/7966 - Merci

Discussion

Pas encore de commentaire.

Les commentaires sont fermés.

Le Kiosque de DP

RSS email icon

Das «beste Gesundheitssystem» wird zum Lazarett

Das Schüren von Angst macht krank. Ärzte wissen das. Trotzdem malen ihre Fachgesellschaften schwarz und machen Gesunde zu Kranken (Infosperber)

icone lien Lire l'article

Lackmusprobe für Bundesrat Alain Berset

Die Pharmaindustrie lobbyiert für höhere Medikamentenpreise. Der starke Franken mache ihr zu schaffen – in Wahrheit profitiert sie (Infosperber)

icone lien Lire l'article

«Um euren Finanzplatz mache ich mir keine Sorgen»

Griechenland wird laut Star-Ökonom Nouriel Roubini nicht das einzige Land sein, das die Eurozone verlassen wird. Weshalb er für die Schweiz deshalb kaum Gefahr sieht, erklärt er im Interview mit Tagesanzeiger.ch/Newsnet

icone lien Lire l'article

«Die Asylverfahren sind kafkaesk»

Migrationsexperte Thomas Kessler sagt, von der Schweizer Asylpolitik profitierten heute die Falschen. Er fordert einen Umbau unter linker Führung (Tages-Anzeiger)

icone lien Lire l'article

«Die Politiker sind süchtig nach Moral»

Der Germanist Peter von Matt sieht die Affäre Hildebrand auch als Folge einer boulevardisierten Politik. Und gerade davon habe die Bevölkerung genug, wie die letzten Wahlen zeigten (Tages-Anzeiger)

icone lien Lire l'article

D’une grande crise à l’autre: quelles ruptures politiques?

Peut-on tirer les leçons de la crise de 1929 ? (Le Monde)

icone lien Lire l'article

Freie Hand für die Vermögensverwaltung der Bundesräte

Sous réserve de légères restrictions, les membres du Conseil fédéral sont libres de gérer leur fortune privée (NZZ Online)

icone lien Lire l'article

Le drôle de destin de la taxe Tobin, des altermondialistes aux libéraux

Drôle de destin que celui de cette taxe, imaginée par un économiste libéral aux Etats-Unis en 1972, popularisée par les altermondialistes d’Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne), et portée par les socialistes européens, avant de se voir aujourd’hui défendue par des gouvernements libéraux comme ceux de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel (Le Monde)

icone lien Lire l'article

2012-2015: les enjeux sociaux en Suisse

Ces quatre prochaines années, les débats seront vifs sur toutes les composantes du système social suisse : l’AVS, le deuxième pilier, la maladie, le chômage, l’invalidité et la pauvreté. Etat des lieux et des enjeux. Par Stéphane Rossini (Revue REISO)

icone lien Lire l'article