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Classes sociales : L’empire du milieu

icone auteur icone calendrier 9 juillet 2004 icone PDF DP 

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Pendant que certains proclament la disparition de la
lutte des classes, une information de l’ATS signale que «depuis 1990,
la classe moyenne a enregistré une baisse relative de ses revenus». N’y
a-t-il plus qu’une classe en Suisse puisque la même information précise
que «les ménages les plus riches et les plus pauvres ont enregistré une
hausse de 1% par an pendant que la classe intermédiaire (autre formule,
réd.) voyait la sienne se limiter à 0,5%»?
L’expression «classe
moyenne» est une de ces expressions classiques dont la définition est
quasi impossible, comme celle du «centre» en politique. C’est un
ventre, que certains disent mou mais dont la présence est indiscutable.
Le futur académicien français Georges Izard, cofondateur de la revue
Esprit avec Emmanuel Mounier, jeune député du Front populaire en 1936,
l’a signalé dans une brochure de 1938 intitulée Les classes moyennes.
Un chapitre est consacré à la «Délimitation des classes moyennes» dont
«on a donné d’innombrables définitions». En conclusion, on trouve une
tabelle qui distingue le prolétariat (bas revenus), des classes
moyennes (revenu moyen, le double) ainsi que du grand patronat (revenu
moyen très élevé). Il faut remarquer que «classes moyennes» est au
pluriel.
Un article du Bund (15 juin 2004) fait effectivement la
distinction entre pauvres (arm), classe moyenne modeste (untere
Mittelschicht), classe moyenne supérieure (obere Mittelschicht) et
riche (reich). Selon le quotidien bernois, cela explique «le double jeu
des classes moyennes» que dénonçait déjà Alain Accardo dans Le Monde
Diplomatique (décembre 2002) ? «Indéfinissables classes moyennes ? Un
double mouvement traverse toutes ces catégories : d’un côté, une partie
d’entre elles conteste un système dont elles sont victimes ; de
l’autre, elles se veulent partie prenante de ce même système. D’où le
caractère ambivalent de leurs rapports avec la bourgeoisie comme avec
les classes populaires.»
Cela mérite d’être attentivement observé à
gauche surtout lorsqu’on prend connaissance des projets d’économies que
certains conseillers fédéraux proposent. Il ne suffit pas de résister
en s’opposant. Il faut trouver des solutions nouvelles pour une
situation qui rappelle étrangement les débuts du libéralisme sauvage
qui a amené la prise de conscience des salariés que seule leur union
dans des organisations fortes et disciplinées leur permettra de se
faire respecter et d’obtenir des conditions de vie décentes.

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