Le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNSRS) a fêté son demi-siècle d’existence. On connaît l’importance de cette institution pour le financement de la recherche et la promotion de la relève scientifique. On sait moins que le FNSRS a joué un rôle déterminant dans la constitution du terreau académique qui a permis l’ouverture de l’Université de la Suisse italienne (USI).
En effet, depuis plus de trente ans, une commission du Fonds sélectionne les jeunes chercheurs tessinois bénéficiaires d’une bourse et préavise les requêtes de subsides de recherche en provenance de la Suisse italienne.
L’ouverture de la haute école tessinoise en 1996 a donné une impulsion nouvelle à l’aide du Fonds national, en particulier dans le domaine des sciences humaines. Mais cette aide a auparavant contribué au développement d’un réseau d’instituts et de chercheurs de qualité sur lequel a pu s’appuyer la nouvelle université. Grâce à cette aide, de jeunes chercheurs ont bénéficié de séjours à l’étranger, en particulier dans les universités italiennes.
En route vers l’Italie
Par ailleurs la Commission tessinoise a joué jusqu’à présent un rôle décisif dans le soutien aux mille étudiants suisses italophones inscrits dans les universités transalpines. En effet, l’Italie attire de nombreux jeunes Tessinois désireux d’accomplir leur parcours académique dans leur langue maternelle. Cette attractivité se confirmera sans doute à la suite de la fermeture des chaires de littérature italienne à l’Ecole polytechnique de Zurich et à Bâle. La Commission a même réussi à faire bénéficier les étudiants tessinois en Italie des mêmes conditions que leurs collègues communautaires dans l’attribution des postes de doctorat de recherche, grâce à une loi accordant aux Tessinois le «statut d’italianité». Cette aide financière a permis d’enrichir le tissu scientifique et culturel tessinois. En effet l’USI ne comprend que trois facultés – économie, sciences de la communication, architecture – alors que le Fonds soutient des travaux dans de nombreuses autres branches. Ou plutôt soutenait, puisqu’un nouveau règlement limite dorénavant cette aide aux seuls projets en rapport avec les disciplines enseignées à l’USI. Cette limitation est regrettable car elle risque d’appauvrir la recherche et la pluridisciplinarité outre Gothard.
Raffaele Peduzzi
Professeur de microbiologie à l’Université
de Genève et chargé de cours l’EPF de Lausanne, membre du conseil de fondation du FNSRS





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