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Cinéma : Visions du Réel : une question de distance

icone auteur icone calendrier 30 avril 2004 icone PDF DP 

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Rebaptisé depuis dix ans «Visions du Réel», le festival nyonais consacré au cinéma documentaire ne cesse de croître en termes de bonne réputation, de fréquentation et de nombre de films projetés. Parmi la vingtaine de longs métrages réunis dans la catégorie «compétition internationale», certains ont suscité davantage le débat que d’autres, dont une bonne partie de films dits «politiques». Tel par exemple Arna’s Children, de Juliano Mer Khamis et Danniel Danniel, sur la question palestinienne. Dans ce film courageux, à prendre, selon le réalisateur, comme une «réponse aux propagandes israéliennes et américaines», on suit la destinée de jeunes habitants de Jenin engagés dans le combat jusqu’à tomber sous les balles de l’armée israélienne ou disparaître dans un attentat suicide. Filmé sur le long terme (plus de cinq ans), Arna’s Children a divisé le public en partisans de l’émotion forte qui s’en dégage et ceux qui regrettaient son manque de distance. Cette distance, le jury de Nyon – comptant dans ses rangs Nicolas Philibert, auteur de Etre et avoir – l’a récompensée en attribuant le Grand Prix à Justiça, de la Hollandaise Maria Ramos, une analyse raisonnée des rouages de la justice brésilienne.

Les provocations de la réalité
Si Blandine et les siens, de la Suissesse Emmanuelle de Riedmatten, sur la visite bouleversante d’une jeune rescapée du génocide rwandais sur les lieux du drame, a fait l’unanimité, Pour l’amour du peuple, de Eyal Sivan a été l’objet de nombreuses controverses de couloirs. L’auteur de Un spécialiste, sur le procès Eichmann, et d’un récent film sur le conflit israélo-palestinien, Route 181, interdit de seconde projection au festival Cinéma du réel, à Paris, proposait cette fois un film basé sur les archives de la STASI. Provocation s’il en est, Pour l’amour du peuple donne la parole durant près de deux heures à un ancien officier de la STASI nostalgique de l’époque communiste. Le discours insoutenable du personnage, en voix «off», est mis en rapport avec des images d’archives des anciens services secrets de la RDA, montrant des exemples de l’immonde besogne du zélateur du régime, qui n’hésite pas à conclure : «Je suis au chômage, aujourd’hui, mais on aura fatalement besoin de mes compétences lorsqu’il faudra lutter contre des néofacistes ou des terroristes».

Une sélection des films passés à Nyon est projetée à la Cinémathèque suisse, du 1er au 3 mai.
Pour l’amour du peuple le 3 mai à 21h.

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