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Genève : La nouvelle formule du logement social

icone auteur icone calendrier 25 février 2005 icone PDF DP 

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On a coutume de dire et d’écrire qu’à Genève la crise du logement et la difficulté de construire relèvent de questions plutôt conjoncturelles : la protection rigoureuse de la zone agricole, l’égoïsme du voisinage, les exigences des milieux de défense des locataires, le manque d’intérêt financier des promoteurs immobiliers notamment.
Il y a sans doute du vrai dans ces explications, mais on oublie ou, l’on feint d’oublier, les questions structurelles. Les compromis sociaux passés pendant la deuxième moitié du siècle précédent sont remis en question. Ainsi le compromis formalisé dans les conventions collectives de travail cède le pas à la flexibilisation des salaires.
La loi HLM en vigueur, dite loi Dupont, du nom du magistrat qui l’a initiée, date d’une quarantaine d’années. Elle permet à l’Etat de financer dégressivement pendant vingt ans une part des charges d’exploitation des immeubles de logements sociaux : les loyers, bas au départ, augmentent donc au fil des années. Le succès de la formule reposait sur le pari de l’augmentation constante des revenus réels de la grande majorité des travailleurs.

Des cycles resserrés
Or la crise des années huitante et nonante a mis fin à cet automatisme et entraîné le retour à des cycles économiques dont les phases sont de plus en plus rapprochées. D’une part, après chaque période de dépression, tous les laissés-pour-compte ne retrouvent pas un emploi. D’autre part, les possibilités d’accéder à un statut économique supérieur s’amenuisent fortement pour un nombre non négligeable de salariés. La société, jusque-là relativement homogène, devient multiple et hétérogène.
La demande de logements à bon marché change, alors que le parc de logements subventionnés diminue constamment. Il est donc nécessaire de revoir la nature de celui-ci. C’est le sens d’un projet de loi déposé par le Conseil d’Etat visant la fin du régime HLM et la création d’un «socle» permanent de logements à loyers modérés, le «logement économique pérenne». Ce socle devrait atteindre 20% du parc immobilier cantonal d’ici quinze ans, soit environ 40 000 logements. Encore faut-il qu’un plan d’action concrétise cette idée innovante. dm

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