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Fusions, rachats, participations et Cie

Y aura-t-il mariage ? Avec quel contrat, quelle dot, quels espoirs d’acquêts ? Les journaux et pages économiques tiennent leurs feuilletons de l’été : une série de fiançailles mouvementées entre sociétés dont les «parents», dirigeants et actionnaires, vantent et se disputent les atouts respectifs, avant de consentir le cas échéant à une fusion, voire à une reprise pure et simple du capital – et du travail.
La liste des candidates – involontaires – à l’union comprend ces jours deux noms principalement : la saint-galloise Leica Geosystems, spécialisée dans les techniques de mesure, est convoitée par le groupe suédois Hexagon, tandis que la fribourgeoise Saia-Burgess, productrice de composants électroniques, fait face à une attaque en règle des Japonais de Sumida. Ces derniers semblent avoir de meilleures chances d’arriver à leurs fins, à l’instar d’autres repreneurs qui ont déjà fait leurs achats en Suisse cette année : le japonais Oji Paper pour Ilford Imaging, l’autrichienne Victory pour Unaxis (ex-Bührle), l’américaine Honeywell pour Zellweger Analytics, l’allemande Lufthansa pour Swiss, etc. Prochaine reprise annoncée : celle de Saurer, entreprise active dans les machines textiles et les systèmes de transmission automobile, pour laquelle la vorace Victory aurait déjà marqué son intérêt.
Les mariages d’entreprises se font aussi à l’initiative de groupes suisses : ces derniers mois, Novartis a racheté coup sur coup quatre sociétés, fabricant des médicaments génériques, domiciliées au Canada, au Danemark et en Allemagne. Autres grosses opérations, à plusieurs milliards chacune, menées depuis la Suisse : la reprise par le groupe cimentier Holcim de deux grandes sociétés produisant des matériaux, indienne et anglo-américaine.
Le carrousel des fusions et acquisitions est donc relancé. Il tourne périodiquement à haute vitesse : les dernières grandes années furent en Suisse 1989-1990, juste avant le fort ralentissement des années nonante et l’année-record 2000, avec 378 fusions et prises de participation. L’an dernier, le nombre d’opérations remontait soudainement à 370, signalant la forte accélération du rythme des restructurations, qui semble devoir se maintenir.
Il y a une quinzaine d’années, toutes les sociétés importantes inscrivaient dans leur organigramme une division «Mergers & Acquisitions», fusions et achats, depuis longtemps supprimée. Aujourd’hui, les sociétés en mal d’épousailles confient la chasse aux partenaires à des avocats et consultants spécialisés, à même de fournir un service complet, à commencer par le repérage des sociétés présentant un profil intéressant : valeur intrinsèque supérieure à la capitalisation boursière, actionnariat facilement attaquable parce que suffisamment dispersé ou au contraire très concentré, activités concurrentes ou complémentaires de celles du repreneur potentiel. Ce dernier délègue aussi les démarches d’approche, et même les négociations, qu’il se contente de finaliser.
En revanche, les «marieurs» en question refusent généralement de prêter ouvertement la main à des manœuvres du type OPA hostile. Ils n’aiment pas cette manière de s’en prendre, par une offre publique d’achat agressive, à une société qui devra jouer «l’épouse soumise». De fait, ils se privent d’affaires de plus en plus nombreuses, tant s’accroît la tentation pour certains groupes et investisseurs de jouer les raiders et de faire banco. Stratégie risquée, nécessitant davantage de finesse et de réflexion qu’il y paraît ; ainsi s’explique le taux relativement élevé des OPA hostiles et les bonnes chances qu’ont les sociétés-cibles d’y échapper.
Pacifiques sinon tranquilles, les fusions, rachats et collaborations entre sociétés vont se multiplier, à l’échelle internationale essentiellement, tant que les circonstances y resteront favorables : une reprise des bénéfices d’exploitation non réinvestis pour cause de prévisions peu stimulantes, des liquidités disponibles, à défaut des taux d’intérêt assez bas pour faciliter le financement d’opérations coûteuses. Ainsi le veut la globalisation des marchés et des terrains de jeux des leaders de l’économie mondiale. yj

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