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Extrait de l’article publié par DP en 1996 (n° 1240), qui présentait l’allocation
universelle et qui énumérait également les critiques formulées à son encontre.

icone auteur icone calendrier 10 septembre 2004 icone PDF DP 

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La première objection qui vient à l’esprit, c’est bien sûr le caractère vertigineux de la transformation des mécanismes fiscaux, sociaux et salariaux qu’implique la mise en place d’un tel système. Il demande d’être appliqué au moins à l’échelle d’un Etat (mais certains de ses promoteurs seraient plus enclins à en faire une contrepartie sociale de l’Union monétaire européenne). Pour la France, Yoland Bresson, doyen de la Faculté de sciences économiques et de gestion de l’Université Paris XII, imagine une montée en puissance par tranches égales sur 5 ans reposant sur le système bancaire et accompagnée d’un gel des salaires.
S’agissant des sommes gigantesques en jeu, il faut avoir à l’esprit d’une part les prestations remplacées dont les ressources existent déjà (1er pilier de l’ AVS, par exemple), d’autre part les coûts indirects dont il permet l’économie (frais de fonctionnement, coûts sociaux, et surtout la restitution opérée de manière progressive par la fiscalité directe). C’est ainsi que, pour la France, Bresson estime à 260 milliards de francs français sur 1 100 au total (par an) le surcoût imputable au système de l’allocation universelle.
Un deuxième ordre de critiques porte en quelque sorte sur la substitution de l’argent à la solidarité. On peut redouter à terme une remise en cause des finalités sociales de l’exercice ou la recherche d’échappatoires au gré des humeurs du pouvoir politique une fois des mécanismes fondés, peu ou prou, sur la notion d’assurance remplacés par une redistribution de type fiscal (faisant par exemple appel à la taxation de la valeur ajoutée brute des entreprises, selon la proposition du professeur Yves Flückiger (cf. DP 1219 du 29 juin 1994).
Mais le débat qui fait rage a surtout trait au rapport entre la personne et le travail : pour ses promoteurs, l’allocation universelle est un moyen radical d’assurer l’insertion des exclus du monde du travail ; mais ses critiques (par exemple Olivier Mongin dans la revue Esprit ou Pierre Rosanvallon dans son ouvrage La nouvelle question sociale) y voient la consécration d’une société duale inacceptable alors que, pour eux, le travail rémunéré est le lieu irremplaçable de la socialisation. Une objection voisine, moralisatrice, porte sur la désincitation au travail qu’introduirait un tel mécanisme.

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