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Ecoles de gestion : La langue de l’excellence

icone auteur icone calendrier 8 octobre 2004 icone PDF DP 

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Les classements des pays, des écoles et des universités se succèdent: le plus compétitif, le meilleur, le plus innovateur, que sais-je encore ? Les deux derniers classements concernent l’enseignement supérieur. Selon le Wall Street Journal de New York, quotidien de référence dans le monde de l’économie, l’IMD de Lausanne est la meilleure école de gestion (business school en franglais) de la planète : La London Business School vient en deuxième, l’ESADE de Barcelone en numéro trois et HEC Paris en quatrième position. Le critère choisi est l’opinion des recruteurs et des chasseurs de têtes.
L’université de Shanghai en Chine a classé, elle, les institutions d’enseignement supérieur de toute la terre selon des critères basés avant tout sur la recherche. Les Américains occupent les premières places avec Harvard en tête, Stanford en deuxième alors que Cambridge, exception anglaise, obtient la médaille de bronze. La premier suisse, qui est également la première institution européenne hors d’Angleterre, est l’Ecole polytechnique de Zurich à la vingt-septième place.

Anglais obligatoire
Naturellement la règle du jeu consiste, pour les meilleurs, à la jouer modeste et à ne pas trop insister sur le résultat, et pour les mal classés, à contester les critères de choix. Il en va ainsi dans tous les classements de ce type. Ces institutions ont tout de même un point commun. Elles délivrent leurs enseignements en anglais comme l’IMD de Lausanne. L’ESADE de Barcelone indique quelques cours en espagnols mais l’essentiel est en anglais. HEC Paris signale que son programme de MBA peut être suivi entièrement en anglais, mais qu’il est possible de suivre certains cours en français. Le site Internet de ce programme est d’ailleurs entièrement dans la langue de Bill Gates et la devise de l’école est : local roots, global reach.
Au-delà de la compétence certainement indiscutable de toutes ces institutions, reste un fait massif : pour être reconnu, pour exister, il faut travailler en anglais. Si l’IMD de Lausanne délivrait un enseignement de même qualité, mais en français, parions qu’il ne serait même pas classé. La preuve par l’absurde est l’absence totale dans ces classements de HEC Saint-Gall qui passe pour une remarquable école de gestion, oui mais voilà, principalement en allemand, autant dire inexistante hors des frontières du monde germanique.
Chaque époque a sa lingua franca. La suprématie de l’anglais n’est pas choquante en soi, mais la réduction à l’anglais de l’élite des universités est, elle, pour le moins inquiétante étant donné la diminution de la diversité qu’engendrée ce monolinguisme.

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