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Caisses de pension : Le vice et la vertu

icone auteur icone calendrier 10 septembre 2004 icone PDF DP 

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Ainsi les Chemins de fer fédéraux (CFF) sont dans les chiffres rouges ; ils ont été contraints de provisionner 72,5 millions de francs pour leur caisse de pension. Le taux de couverture est de 84,9% à la fin de 2003, mais le nombre de retraités est supérieur au nombre de cotisants ! Les syndicats (SEV) et la direction des CFF souhaitent transférer à la caisse fédérale la charge des anciennes rentes, celles des agents partis avant le changement de statut du début 2001 et qui devraient être considérés comme des rentiers de la Confédération.
Pour les grandes entreprises traditionnelles, occupant une main d’œuvre importante et stable, ce qui est le cas des CFF, la situation des caisses de pensions devient totalement inextricable. Ces sociétés ont généralement embauché en masse dans les années cinquante et soixante des salariés qui y sont restés jusqu’à la retraite.
Aux États-Unis, la situation est étrangement semblable dans l’industrie automobile où l’on embauchait à vie ou presque. Le fonds de pension de Ford a un trou de 14,5 milliards de dollars et celui de General Motors est de 25,4 milliards. Cette dernière entreprise vient d’annoncer une émission obligataire de 10 milliards de dollars pour combler le déficit de sa caisse. Le besoin de financement est de 3 milliards par année. La presse économique américaine a pu dire que General Motors n’est plus une entreprise de l’automobile, mais une caisse de pension qui fabrique des voitures pour payer des rentes aux retraités.

Des rentiers en nombre
Bien sûr les deux situations ne sont pas comparables. Les caisses helvétiques, fort heureusement, sont bien encadrées par la loi et ne peuvent, comme aux USA, investir massivement en bourse, mais la loi d’airain de la démographie est la même dans les deux cas. Des entreprises qui se sont voulues «responsables» face à l’avenir de leurs salariés se retrouvent aujourd’hui piégées par le poids écrasant du nombre de leurs pensionnés.
Naturellement, cette question ne se pose pas pour les entreprises financières ou pour le secteur des technologies de pointe dont le personnel est généralement beaucoup plus jeune. En fait, la notion de solidarité n’existe pas dans l’univers du deuxième pilier. Chacun joue sa partition. Il n’existe pas de mécanisme équivalent à celui de la «réassurance». Il faudra pourtant bien un jour introduire un mécanisme de compensation afin de cesser de récompenser le vice – les entreprises qui n’emploient que des jeunes vite jetables – et de pénaliser la vertu – les entreprises qui ont joué le jeu de l’emploi à long terme.

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