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Aviation : Sur les ailes de l’inconnu

icone auteur icone calendrier 16 janvier 2004 icone PDF DP 

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La perte de l’avion de Flash Airlines au-dessus de la Mer rouge a suscité une émotion qui a débordé les frontières françaises. Il vaut la peine de mentionner ici quelques faits. Les vingt plus grandes compagnies aériennes assurent 60% du trafic mondial et sont touchées par 20% des accidents. L’immense majorité des accidents concerne les petites compagnies. L’année 2003 a été la moins meurtrière de l’histoire de l’aviation depuis 1945 avec 162 accidents, entraînant le décès de 1 204 personnes pour un total de plus de 1,5 milliard de passagers transportés ! La probabilité de mourir en avion est infime.
Le transport aérien n’est pas une activité de tradition telle que la marine. La cloche de la Lloyd’s ne sonne pas lorsqu’un avion tombe comme c’est le cas lors de l’annonce d’un naufrage. Par contre le trafic aérien s’inspire de plus en plus des obscurités du fret maritime. Les naufrages de ces dernières années dans le golfe de Gascogne ont mis en évidence la difficulté d’identifier le propriétaire réel d’un navire. Il commence à en aller de même dans le monde de l’aviation.
La chute de l’avion de Flash Airlines a permis au grand public d’entendre parler d’entreprises dont il ignorait tout : les consolidateurs, ainsi qu’on les nomme au Québec, en fait des affréteurs en langage maritime, qui louent les services d’une compagnie aérienne et répartisse les sièges selon les besoins des organisateurs de voyages. Le vacancier moyen achètera son voyage dans une agence qui lui propose les produits sur catalogue d’un tour operator qui fait affréter un avion par une entreprise spécialisée. Naturellement il s’agit là du cas des charters. Dans un vol régulier, l’acheteur du billet connaît le nom de la compagnie même si celui-ci s’effectue en partage de code.
Lorsqu’un navire en mauvais état sombre, il ne transporte en général pas de passagers et l’équipage y travaille en connaissance de cause. Le transport aérien ne doit pas glisser dans les travers de la marine marchande. La traçabilité qui existe aujourd’hui pour les produits alimentaires doit s’imposer pour les charters. L’OFAC qui a redoré son prestige avec l’interdiction en Suisse de Flash Airlines aurait une belle carte à jouer en proposant des mesures à ses partenaires européens. Mais en a-t-elle la volonté et dispose-t-elle du support politique adéquat ? C’est une autre chanson.

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