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Ethique et fonds d’investissement: Le palmarès des bons placements

icone auteur icone calendrier 28 mai 1999 icone PDF DP 

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Ethos, la Fondation suisse d’investissement pour un développement durable, à laquelle collabora le regretté Pier Luigi Giovannini, propose de gérer les fonds des caisses de pension selon des critères éthiques.Elle vient de publier un petit guide, qui dresse le palmarès des entreprises suisses les plus respectueuses des conditions sociales et environnementales.

La fondation suisse d’investissement pour un développement durable est certainement une des initiatives financières les plus intéressantes de ces dernières années en Suisse romande. Elle a été créée en février 1997 par deux caisses de pension, celle de l’administration cantonale genevoise et celle du bâtiment, toujours à Genève.
Cette fondation gère quatre fonds d’investissement, sous le nom de « Ethos », pour le compte de ces caisses de pension. Les titres sont choisis selon la contribution des entreprises à un développement durable. Mais ces fonds d’investissement sont basés sur un fort principe de réalité. Il s’agit après tout de l’argent des assurés. La première sélection se fait exclusivement sur la solidité financière de la société, la rentabilité de ses fonds propres et sa transparence comptable. Le long terme et la qualité de l’information sont donc privilégiés. Une seconde évaluation porte ensuite sur ce que la fondation a baptisé la « durabilité sociale et environnementale ».

Des notes aux entreprises

Le domaine social concerne les relations de l’entreprise avec ses clients, ses fournisseurs, son personnel, ses actionnaires. L’examen porte par exemple sur l’information interne ou l’attitude à l’égard des collaborateurs. Pour l’environnement, ce sont les processus de production et de gestion qui seront examinés, ainsi que l’impact des activités et des produits fabriqués.
Ces évaluations se traduisent par des notes attribuées aux entreprises. Naturellement ces investigations se basent souvent sur des documents extérieurs ou des publications. Les grandes sociétés ne sont guère enclines à ouvrir leurs portes pour ce type d’enquête. La fondation vient de publier un Guide Ethos des entreprisesH qui ne manque pas d’intérêt. Presque toutes les grandes sociétés helvétiques figurent parmi les vingt-quatre qui ont été notées.
La palme revient à Swiss Re, que l’on appelait autrefois la Rück. La deuxième position est occupée par Swisscom devant, ex aequo, Sika Finanz, Bobst et Zellweger. Le bonnet d’âne est porté par Jelmoli, mais la SGA et Roche sont de solides avant-derniers !
Swiss Re, deuxième réassureur mondial derrière München Re, reçoit tous les éloges pour son engagement en faveur de l’environnement, la gestion énergétique de son parc immobilier et son engagement en faveur de l’écologie de bureau, autrement dit des mesures sur le lieu de travail. Dans le domaine social, l’entreprise a une politique active de promotion des femmes. Elle encourage la participation de ses collaborateurs à la vie politique. Bref, un petit paradis selon la fondation Ethos.
Le rang occupé par Swisscom ne surprend pas. L’extrême visibilité publique et politique de l’ancienne régie la contraint à un gros effort dans ces différents domaines. Le plan actuel de réduction du personnel est salué par Ethos qui considère l’excellence des mesures d’accompagnement. La présence de Sika Finanz, Bobst et Zellweger dans ce palmarès est plus intéressante.

Les têtes de liste

Ces trois entreprises ont des points communs. Elles ont entre quatre et cinq mille collaborateurs et sont toutes les trois des leaders mondiaux dans leur secteur. Sika fabrique des colles, des mastics et des sols industriels ; Bobst est le numéro un des machines d’emballage et Zellweger est actif dans la ventilation, l’air conditionné et les systèmes d’analyse d’eau et de gaz. Ces sociétés ont sans doute la bonne taille pour être en mesure d’investir rapidement dans le domaine social et dans l’écologie, si cela se révèle un atout sur leurs marchés. Elles ne sont pas assez grandes pour être ralenties par des processus de décisions trop lourds, et en même temps suffisamment importantes pour pouvoir dégager des moyens substantiels lorsque cela se révèle nécessaire.
Si l’on prend uniquement le critère environnemental en négligeant le social, l’UBS et le Crédit Suisse occupent la seconde place juste derrière Swiss Re. Il est en effet probablement plus facile de respecter des normes écologiques pour gérer des bâtiments administratifs que pour fabriquer de la colle ? jg

HFondation suisse d’investissement pour un développement durable, Guide Ethos des entreprises, mars 1999, Place Cornavin 2, Case 1471, 1211 Genève 1.

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