Bâle la culturelle se retrouve au second rang, derrière Zurich.
Mais même sur le déclin, la ville de la Limmat brille de tous ses feux.
Bâle, ville de mécènes ? L’éblouissante Fondation Beyeler et le surprenant Musée Tinguely échappent totalement aux normes habituelles de la Suisse romande. Chacun de ces bâtiments, financé entièrement par des fonds privés, a coûté plus de 40 millions. Le bâtiment construit par Botta pour abriter les machines grinçantes du plus célèbre Fribourgeois du siècle a été payé rubis sur l’ongle par Roche. Monsieur Beyeler, lui, a appelé un grand architecte, Renzo Piano, et s’est payé un immeuble qui abrite des œuvres dont la vente permettrait de renflouer sans trop de difficulté les caisses d’un canton comme Vaud ou Genève ?
La grande tradition francophone bâloise est toutefois en train de se perdre. Le catalogue Beyeler n’existe qu’en allemand et en anglais.
Ensemble unique
Pendant longtemps la cité rhénane a été, sinon une égale, du moins une rivale de Zurich. Aujourd’hui, la ville de la Limmat rayonne comme capitale culturelle et économique de la Suisse. Avec la perte du siège principal de la SBS, Bâle se retrouve, définitivement sans doute, au second rang. Mais les cités-États brillent souvent de tous leurs feux culturels à la veille de leur déclin, lorsque l’embellissement de la cité compense secrètement des faiblesses économiques. Il en fut ainsi de Venise avant Lépante, d’Amsterdam à la veille de l’expansion anglaise au XVIIIe siècle. Tinguely est mort et Ernst Beyeler est au soir de sa vie. Mais les Bâlois ont tout de même un ensemble unique au monde pour une ville de cette taille et la grande foire annuelle d’art contemporain leur assure un rôle majeur dans l’art contemporain. Pour Thomas Borer qui veut vendre l’image d’une Suisse qui ne se réduit pas à un pays de banquiers, les exemples ne manquent donc pas !
Rappelons que Migros a aussi financé un musée d’art contemporain qui a ouvert ses portes il y a deux ans près de Zurich. Ë côté de cette floraison de nouveaux musées, la Suisse romande fait office de parent pauvre. Il est vrai que nous manquons de sièges de grandes entreprises et que la tradition du mécénat s’exerce plutôt vers les arts du spectacle, la musique ou le ballet avant tout. Chez nous les collectionneurs sont discrets et se manifestent peu. L’esprit d’ouverture est en Suisse alémanique. jg





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