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Edito : Le travail c’est la vie

icone auteur icone calendrier 15 juillet 2005 icone PDF DP 

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Quels furent les facteurs de la croissance économique forte, celle des années soixante, emphatiquement dénommées les Trente Glorieuses ou la Grande Mutation ?
Une main d’œuvre bon marché, une énergie à prix dérisoire, un crédit abondant, une recherche stimulante. Une fois de plus, il faut rappeler la formidable économie que représentait «l’importation» de 800 000 travailleurs étrangers, prêts à l’emploi, sans que nous ayons eu à supporter les charges privées et publiques de leur «élevage». Ils ont rendu possible de surcroît un démarrage facile des assurances sociales, étant actifs, jeunes (sans regroupement familial) et en bonne santé.
Aujourd’hui, en comparaison, l’énergie devient et deviendra plus chère encore. La recherche a toujours les mêmes vertus de créer des besoins nouveaux et de dévaloriser les produits dépassés, donc renouvelables, mais elle peut être aussi, parfois, destructrice d’emplois ; le crédit est toujours bon marché, mais moins abondant, le déséquilibre budgétaire freinant de surcroît les investissements publics. Reste la main-d’œuvre.
Le coût du travail est aujourd’hui élevé, même si la politique salariale est extrêmement retenue et les gains en valeur réelle faibles. Mais il faut tenir compte de la formation, plus longue, plus exigeante, et de la retraite, plus coûteuse en raison de l’allongement de l’espérance de vie. L’apport actif et accru des femmes a lui aussi son coût (crèches, structures d’accueil pour les parents lorsqu’ils requièrent une présence que la femme engagée professionnellement ne peut plus assumer).
Or le patronat combat avec détermination toute augmentation des prélèvements obligatoires comme si c’était un luxe voulu par un Etat socialisant, alors que c’est le prix, comme un salaire différé, de l’engagement des travailleurs actifs. Le coût du travail ne s’arrête pas au seuil du bureau ou de l’usine. Pourquoi ne pas l’admettre ? Les syndicats, de même, n’ignorent pas que le temps libre, celui de la retraite, augmente régulièrement sans revendication syndicale.
La croissance plus faible exige une confrontation ouverte sur le financement du travail par la productivité nationale, en admettant que l’unité de mesure, c’est la vie entière (temps travaillé, repos pensionné). Or syndicats et patronat mènent des guerres ou prennent des initiatives chacun sur son terrain. Le temps est venu d’une vision globale confrontée. ag

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