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Constitution européenne : Les socialistes français et l’Europe

icone auteur icone calendrier 3 juin 2005 icone PDF DP 

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En 1966, les socialistes et les syndicalistes français s’étaient réunis à Grenoble pour discuter d’un programme et d’une politique de prise du pouvoir. Mendès-France, André Philip, Alfred Sauvy, Gilles Martinet, Michel Rocard, animaient le débat.
La question centrale était la suivante. Un gouvernement de gauche aura à affronter une grève des capitaux ; la monnaie sera mise en danger ; les revendications, si elles sont satisfaites pousseront l’inflation. Comment réagir ? Par des méthodes protectionnistes ? Mais elles seraient contraires au traité de Rome, créant l’Europe des Six.
Dans le compte rendu de DP, qui participait en observateur, on relevait : «Cette libre concurrence européenne, la gauche de Grenoble l’accepte. Ce choix est d’autant plus significatif que la question fut débattue en commission (des commissions ouvertes à tous les participants travaillèrent le samedi soir de 9 heures à minuit) en présence de Mendès-France. ( ?) La gauche accepte l’Europe comme une nécessité et comme le seul espoir d’échapper, peut-être, à l’hégémonie américaine. Ce « oui » à l’Europe d’aujourd’hui entraîne de lourdes conséquences.
Dans le cadre du libre-échangisme européen et dans l’attente d’une planification européenne, seule sera concevable une économie de marché. Les prix, les justes prix, la satisfaction des besoins des consommateurs, la concurrence sont dès lors admis, à Grenoble, comme les meilleurs régulateurs de l’économie. Toute entreprise devra faire la preuve de sa rentabilité. Un service, même public, devra travailler sans déficit. L’inflation devra être combattue avec acharnement. Les subventions de l’Etat devront encourager plutôt les entreprises en plein développement que les entreprises défaillantes.» (DP n° 52 du 12 mai 1966)
C’était en 1966. Deux ans avant mai 1968. Quinze ans avant la prise du pouvoir. Dix-sept ans avant les mesures de rigueur choisies par François Mitterrand pour rester dans le cadre européen.
Or en 2005, toute une partie de la gauche française a fait campagne contre la Constitution parce qu’elle confirmait la concurrence à l’intérieur du marché commun. L’espace européen devenait à ses yeux le champ où triomphait le libéralisme, alors que la libre circulation est constitutive du nouvel espace économique européen. Les pionniers de 1966 étaient porteurs d’une vision. Ils acceptaient la règle du jeu. Ils ne confondaient pas libéralisme mondial et libertés européennes. ag

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