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Richesse nationale : Les fondements structurels de l’inégalité sociale

icone auteur icone calendrier 6 mai 2005 icone PDF DP 

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Comparée aux économies des pays de l’OCDE, l’économie suisse se signale par son taux de croissance faible. Elle serait même la dernière de la classe de dix-neuf pays industrialisés, si l’on choisit comme référence le produit intérieur brut (PIB).
A plusieurs reprises dans Domaine Public, nous avons contesté ces comparaisons. Elles ne tiennent pas compte des investissements suisses opérés à l’étranger qui représentent une fortune gigantesque, qu’il s’agisse des filiales des grandes multinationales ou des placements bancaires. Si l’on englobe ces facteurs, la référence est alors le produit national brut (PNB). Dans une étude, publiée ce printemps par l’Institut Créa de macroéconomie appliquée de l’Université de Lausanne, Jean-Christian Lambelet et Claudio Sfreddo reprennent les comparaisons en intégrant le rendement de la fortune suisse et calculent le revenu national brut, dont ils déterminent, après correction tenant compte de l’inflation, la valeur réelle. Sur cette base appliquée à une longue période, la Suisse améliore son classement et gagne deux rangs.

Les dividendes pour les riches
Mais l’intérêt de l’étude est la mise en évidence, dès les années nonante, de l’évolution divergente du revenu national brut et du produit intérieur. De 1990 à 1992, l’un et l’autre stagnent. Mais dès 1993, le revenu national décolle fortement.
Les auteurs commentent en ces termes : «Cela peut expliquer pourquoi il n’y avait pas – pour ceux qui ont vécu cette période troublée et troublante – guère d’indications d’une panne ou a fortiori d’un déclin du bien-être national en Suisse. C’est-à-dire qu’on n’avait ni le sentiment ni des raisons de penser que le pays s’appauvrissait – et cela malgré la montée du chômage.» Curieux, la montée du chômage n’aurait pas entamé le bien-être matériel national !
En fait, l’écart PIB-revenu national signifie, dès 1993, un renforcement des inégalités sociales. Car le rendement de la fortune suisse à l’étranger à qui est-il redistribué ? Aux actionnaires des multinationales, des grandes banques, aux possesseurs des grandes fortunes. Dans la même période s’instaure la compression des dépenses publiques, la stagnation des salaires réels. Dés cette date, on n’avait le sentiment et des raisons de penser (pour reprendre la formule des auteurs) que se renforçaient les inégalités sociales, qu’il y avait plus de riches riches et plus de pauvres pauvres. Deux lignes de graphiques qui se disjoignent : preuve de la distorsion accrue de la condition sociale en Suisse. ag

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