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Syndicats : L’adieu à la FTMH

Le syndicat de l’industrie, de la construction et des services (FTMH) s’est fondu dans Unia pour donner au syndicalisme une force de frappe regroupée. Mais elle ne pouvait pas perdre son identité nominale sans un adieu au passé. Ce que fait un livre de mémoire et de conviction.
Les auteurs ne s’attardent guère sur ce qui fut l’originalité historique de la FTMH, le développement des conventions collectives plaçant la négociation et l’arbitrage avant l’affrontement, ce qu’on a appelé de manière déformante la paix du travail. Cette période connut deux temps forts : la crise des années trente et l’immédiat après-guerre. Le danger de mort économique et le danger d’invasion ont alors nourri un esprit communautaire et d’incontestables avancées sociales (la première convention collective date de mai 1937). Parce que l’exemple est toujours d’actualité, on citera la compensation du renchérissement qui fut contractuellement arrachée : l’entreprise qui ne la respectait pas devait faire la preuve, en ouvrant ses livres de compte, que cette compensation la mettait en danger.
L’adieu porte sur la période 1970-2000, celle d’une mutation. On a peut-être oublié la gravité de la crise horlogère des années septante, ou la lente réduction de l’industrie d’armement, ou la restructuration de l’industrie des machines dont ABB est le symbole. La disparition d’emplois industriels a obligé le syndicat à négocier des plans sociaux, c’est-à-dire à limiter les dégâts. De même que la désindustrialisation a laissé en refluant des friches industrielles aux portes de Genève, de Zurich, de Winterthur, ou d’Yverdon, de Sainte-Croix, le syndicat subissait une érosion de recrutement, passant de 145 000 membres en 1975 à 84 000 aujourd’hui. Mais les combats furent importants, notamment pour l’égalité hommes – femmes.
L’avancée par le renouvellement régulier des conventions collectives a atteint sa limite en 1998, quand le patronat obtint l’annualisation du temps de travail sans concéder une réduction du temps travaillé, si ce n’est sous forme de vacances ou autres aménagements. D’où la tentation des syndicats d’agir par la voie politique. Plusieurs facteurs l’orientent dans cette direction. L’importance de la législation sociale et l’offensive de droite pour en réduire le coût. Ce qui entraîne une réponse sur le même terrain. Le profil des dirigeants explique aussi l’orientation vers la politique. A partir de 1990, tous ont une formation tertiaire (cf. encadré).

Soumettre à question
En revivant une période aussi proche, ce qui frappe, c’est l’évolution des situations. Celui qui croit que le néo-libéralisme est l’alphabet et l’oméga redécouvrira l’interventionnisme poussé de la Confédération, luttant dans les années septante contre la hausse des prix ou la surévaluation du franc suisse. Mais l’avenir, la durée de demain, pose aux syndicats, à Unia, des questions qu’on souhaiterait mises en évidence.
Face aux exigences accrues de flexibilité présentées par le patronat, y a-t-il un modèle de travail opposable ? Faut-il considérer comme un échec définitif le peu de succès de l’épargne-temps ? Quelle place à la formation continue ?
L’engagement européen du syndicat peut-il gommer les difficiles adaptations au droit communautaire ? Ne doit-il pas dans cette perspective promouvoir des plans d’action, notamment pour renforcer les services qui seront libéralisés ?
Le syndicat doit-il s’engager dans la défense du travailleur dans sa période non active aussi bien que dans sa période active : gestion du second pilier, gestion de l’assurance chômage ?
Le financement des syndicats peut-il être facilité sans dépendance par une participation des non-syndiqués prélevée à la source après accord avec le patronat ?
Comment les syndicats peuvent-ils se profiler dans une société hypermédiatisée ?
La participation aux bénéfices revendiquée dans les années septante est-elle toujours à l’ordre du jour ?

Voies multiples, but unique.
Regard sur le syndicat FTMH 1979-2000.
Payot, Lausanne, 2004.

Membres du comité directeur du syndicat FTMH
(par ordre chronologique 1970- 2004)

Wüthrich, Ernst 1947-1972 Serrurier sur machine
Basler, Gotthold 1955-1972 Mécanicien
Mischler, Hans 1955-1976 Serrurier
Flückiger, Otto 1958 -1980 Travailleur usine d’armement
Ghelfi, André 1958 -1986 Mécanicien
Huguenin, Lucien 1961-1970 Mécanicien
Tschumi, Gilbert 1969-1989 Mécanicien de précision
Besuchet, Roger 1970-1977 Employé de commerce, usine
Tarabusi, Agostino 1972 -1992 Ouvrier usine d’armement
Reimann, Fritz 1972 -1988 Outilleur dans la métallurgie
Fink, Leo 1976-1995 Ecole d’horlogerie
Hatt, Adolphe 1976-1988 Mécanicien
Ermatinger, Francis 1978-1992 Tourneur
Fischer, Joseph 1980-1996 Menuisier
Schmid, Pierre 1987-1995 Ouvrier d’usine
Funk, Werner 1987- . . . Gymnase, Ecole sup. d’économie
Moor, Beda 1989- . . . Serrurier
Brunner, Christiane 1988- 2000 Lic. droit, Brevet d’avocate
Koppel, Edgar 1992 -1996 Lic. histoire et journalisme
Ambrosetti, Renzo 1994- . . . Etudes en jurisprudence
Rennwald, J-C. 1995- . . . Lic. et Dr. sciences politiques
Frehner, Rolf 1995- . . . Mécanicien automobile
Daguet, André 1996- . . . Lic. sciences politiques
Blanc-Kühn, Fabienne 2000- . . . Laborantine et infirmière,
diplôme IDHEAP

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