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Elections fédérales : Les socialistes ont oublié les «petites gens»

icone auteur icone calendrier 6 février 2004 icone PDF DP 

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L’élection au Conseil fédéral du leader de la droite populiste a réouvert le débat sur la participation des socialistes au gouvernement. Mais ce débat ne doit pas occulter un problème beaucoup plus aigu, révélé par l’enquête de l’institut GfS sur le profil sociologique de l’électorat suisse (cf. DP n°1588). Si l’on prend en compte le niveau de formation et de revenus, l’UDC est le parti des gens modestes, au contraire des partis socialiste et radical.
On se rappelle que des observations identiques ont été faites en France pour la droite, celle de Le Pen, et en Autriche au sujet de Haider. A gauche, on peut minimiser ces conclusions dérangeantes en affirmant qu’il est plus facile, face au malaise social des gens modestes, de surfer sur le ressentiment et la xénophobie plutôt que de remettre en question les rapports de force actuels. C’est vrai partiellement, en particulier pour la classe moyenne inférieure, les employés âgés menacés par le chômage et la baisse des retraites.
Mais globalement, le problème n’est pas aussi simple. Du fait de l’appartenance sociale de ses militants et de son électorat le plus actif, la gauche, et plus particulièrement le parti socialiste, privilégie naturellement la défense de la fonction publique (à ne pas confondre avec le service public) et les aspects de son programme qui relèvent de ce qu’on pourrait appeler la «gauche culturelle» : écologie, féminisme. Cela au détriment du volet social , la solidarité avec les classes populaires qui font les frais des mutations en cours.

Une posture bcbg
Médiatiquement, les socialistes appartiennent à l’establishment politique, tout en en constituant l’aile la plus ouverte, la plus généreuse. Cette posture «bcbg», affublée parfois d’un discours tiers-mondiste, ne peut tenir lieu d’engagement politique. Un engagement qui exige patience, continuité et réalisme, que ce soit dans la lutte contre le chômage, contre la dégradation des conditions de travail, la péjoration du régime des retraites, pour l’abaissement des coûts de l’assurance maladie, la construction de logements sociaux. Face aux sirènes blocheriennes, la construction d’une telle alternative est plus facile à affirmer qu’à réaliser ; elle exige du temps, de l’humilité, de la réflexion. Mais le divorce actuel entre la gauche et l’essentiel des milieux populaires est inacceptable et aboutit à un renforcement de la droite populiste.

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