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Convivialité : La société en fête

icone auteur icone calendrier 10 juin 2005 icone PDF DP 

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Pas besoin de regarder le thermomètre pour s’assurer que l’été approche, il suffit de voir s’épaissir le supplément week-end des journaux. L’engouement pour les journées dédiées à un thème quelconque, pour les festivals en tout genre mais aussi pour les fêtes de quartiers et tout ce qui à trait au «vivre ensemble» confirme leur importance. Leur multiplication est impressionnante, pas un jour sans offre d’attractions ludiques, pas le moindre hameau qui n’ait son animation.
Alors que le pouvoir a longtemps eu comme objectif de contenir les débordements des fêtes populaires, les autorités locales favorisent aujourd’hui les festivités. Les fêtes religieuses rythmaient le calendrier des sociétés préindustrielles, ce sont les événements «identitaires» qui marquent celui de notre société du temps à soi. Nous sortons d’une époque où il était légitime de dire que le temps de travail organisait les sociétés. Aujourd’hui, la plupart des travailleurs capitalisent dix-huit ans de formation pour moins de quarante ans de travail et passent plus de temps devant la télévision que sur leur lieu de travail.
L’institution imaginaire de la société urbaine nécessite des mythes et des rituels qui actualisent les thèmes fondateurs et les représentations collectives de la société. Les événements sportifs et les fêtes urbaines jouent aujourd’hui en partie ce rôle.
Les réalisations éphémères, souvent artistiques, sont un des moyens de mobiliser les gens autour de leur ville, de la leur faire aimer. L’occupation de la rue en est une composante fondamentale précisément parce qu’elle donne à sentir la société à laquelle chacun appartient séparément et abstraitement. L’inhabituel, l’effet de surprise, les changements de perspective, les retournements d’image et les usages incongrus de l’espace permettent de mettre en valeur les caractéristiques urbaines, de rendre la ville sensible (palpable, visible, audible, etc.) aux individus. Prendre conscience de ce que l’on voit tous les jours mais qu’on ne remarque pas ou découvrir le charme et l’intérêt de lieux que l’on ne fréquente jamais est un moyen de faire connaissance avec sa ville. Les événements qui marquent le calendrier constituent aussi des repères temporels qui permettent de partager une expérience commune avec les autres membres de la collectivité.
Jalons sociétaux dans les calendriers personnels, leur prolifération essoufflerait le plus sociable des fêtards. Las d’être soi-même seul parmi tous les autres, d’aucun souhaite se retrouver, dans l’intimité, avec quelques autres. Les barbecues ont encore de beaux jours devant eux. cf

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