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Supermarché de l’art : La beauté soldée

La foule se presse autour d’œuvres d’art emballées sous cellophane présentées en vrac dans des bacs de rangement avec leur prix étiqueté au dos. Il ne s’agit pas du dernier happening avant-gardiste d’une galerie new-yorkaise mais de la quatrième édition du Supermarché de l’art qui vient d’ouvrir ses portes dans le palais Besenval à Soleure. Jusqu’au 3 janvier 2004, 75 artistes de différents pays proposent chacun 40 œuvres à des prix allant de 99 à 599 francs. Dans une ambiance qui n’a rien à envier aux grandes surfaces à l’approche de Noël, tout le monde fouille à la recherche de la peinture qui embellira les murs de son salon.
Organisée par Peter L. Meier, éditeur de la revue Suisse, cette manifestation rencontre un vif succès. De nombreuses villes allemandes, françaises et espagnoles ont été séduites par ce nouveau concept «d’exposition» qui permet de vendre des œuvres d’art comme d’autres vendent des chemises. Pas de cimaise mettant en valeur les toiles, mais la possibilité de les saisir, de les toucher, de les tourner dans tous les sens. La contemplation feutrée des musées ne peut rivaliser avec cette appropriation physique qui octroie même au plus timide le droit d’émettre un jugement.
Le but du Supermarché de l’art est d’offrir à un large public la possibilité d’acquérir une véritable œuvre d’art et de proposer une alternative à l’achat de posters déjà encadrés. La création artistique est caractérisée essentiellement en opposition à la production en série. L’unique devient le principal argument de vente de cette nouvelle manière de mettre en relation artistes, œuvres et public.
Ce ne sont certainement pas les collectionneurs fréquentant les vernissages des galeries les plus en vue ni les parvenus au goût kitsch qui viennent se fournir dans ce supermarché. C’est monsieur et madame tout le monde qui achètent cet art non élitaire et consensuel. A l’heure où tout doit être personnalisé, des montres aux voitures, posséder une œuvre originale semble plus important que l’exhibition de sa culture et sa connaissance de l’art.

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