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Génie génétique : Bio et OGM : coexistence belliqueuse

icone auteur icone calendrier 17 juin 2005 icone PDF DP 

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L’initiative populaire fédérale «pour des aliments produits sans manipulations génétiques» déposée le 18 septembre 2003 exige que «l’agriculture suisse n’utilise pas d’organismes génétiquement modifiés durant les cinq ans qui suivent l’adoption de la présente disposition constitutionnelle». Le 18 août 2004, le Conseil fédéral, dans son message, demande le rejet de l’initiative ; le conseil national en débat actuellement. La loi sur le génie génétique, entrée en vigueur le 1er 2004, contient des dispositions et des procédures strictes d’autorisation pour le recours au génie génétique dans le domaine non-humain. Un moratoire constitutionnel supplémentaire a-t-il un sens ?
Le 19 mai 2004, l’autorisation par la Commission européenne d’importer du maïs doux Bt-11 de Syngenta marque la fin d’un moratoire de six ans sur l’introduction de nouveaux «aliments OGM». En 2004, on estime à 81 millions d’hectares la surface consacrée aux cultures de plantes transgéniques, soit environ 5% de la surface totale. Les deux tiers de la surface cultivée en OGM se situent dans les pays industrialisés. Il est intéressant de noter que la Chine et l’Inde ont l’ambition de cultiver des plantes transgéniques développées dans leurs propres laboratoires, notamment pour la culture du riz. Dans le contexte européen et mondial, un moratoire irait donc à contre-sens.

Des études contradictoires
Plusieurs pays ont entamé des essais en plein champ à grande échelle pour étudier les risques associés à la culture de plantes transgéniques. En Allemagne, la culture expérimentale de maïs Bt résistant aux insectes a été lancée sur vingt-huit sites afin de déterminer les distances minimales à respecter entre cultures conventionnelles et transgéniques pour éviter un mélange supérieur à 0,9% de graines transgéniques. (Réponse : vingt mètres). En Angleterre, ce ne sont pas moins de soixante essais «taille réelle» qui ont été entrepris dans le but d’étudier les risques écologiques. Ici la réponse est : «cela dépend». Cela dépend du type de plante (maïs, colza ou blé), de la géographie, de la manière de travailler des agriculteurs.
La Suisse n’a pas pu mettre en œuvre des essais en plein champ. Deux rapports de recherche, basés sur l’analyse de la littérature et sur des simulations, ont été publiés en Suisse, l’un par l’institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL) et l’autre par l’Insitut de recherche agricole de Reckenholz (FAL). Le premier rapport, qui recourt aux normes de contamination de BioSuisse (maximum toléré 0,1%), arrive à la conclusion que la coexistence est impossible. Le second, qui utilise les normes légales (0.9%) arrive à la conclusion contraire. L’étude de la FAL recommande une distance de sécurité de cinquante mètres pour le maïs et de 400 pour le colza. Les deux études sont scientifiques et sérieuses – la différence réside essentiellement dans les normes de sécurité utilisées – qui, elles, sont éminemment politiques.
Un moratoire continuerait à diaboliser les plantes transgéniques et empêcherait indirectement la recherche suisse de contribuer à leur compréhension et à leur amélioration. La première génération de plantes était surtout utile aux vendeurs de semences et d’engrais ; la deuxième sera utile au consommateur – il ne faut pas la rater. ge

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