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Courrier : Le Lötschberg n’est pas cloué au sol ?

icone auteur icone calendrier 13 mai 2005 icone PDF DP 

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L’édito en question nécessite deux correctifs d’importance.
1) ? «Pas la moindre dépêche dans les journaux des pays limitrophes». Ce n’est pas tout à fait vrai, la presse spécialisée des pays voisins en parle et en parlera. Par ailleurs, l’important n’est pas la dernière volée du percement du tunnel, mais bien sa mise en service en 2007. A ce moment-là, l’événement sera européen : la première nouvelle transversale alpine opérationnelle du continent, coïncidant avec la libéralisation totale du trafic ferroviaire des marchandises, encadrée par la perception de la redevance poids lourds à son maximum prévu. Il faut bien choisir l’évènement. Je rappelle qu’en 2006, il y aura le centième anniversaire du tunnel du Simplon. En 1956, le cinquantième anniversaire avait été l’occasion d’une rencontre d’Etat avec la participation du président de la République italienne et du président de la Confédération. Le Conseil fédéral devra définir une stratégie politico-médiatique optimale pour 2006-2007. Dans tous les cas, 2005 est une date secondaire.
2) ? «La petite Suisse paie seule la facture qui bénéficiera avant tout aux pays européens voisins». On dirait une déclaration de l’UDC ?Dans le milieu des années quatre-vingt, le Conseil fédéral a fait des nouvelles transversales alpines l’atout majeur de sa politique européenne : la Suisse absorbera tout le trafic de transit qui lui revient du fait de sa situation géographique, quel qu’en soit le volume, mais par le rail. Et elle en assumera la totalité des coûts sur son territoire, étant entendu que les pays voisins prendront en charge la continuité sur leur territoire. Ainsi, la Suisse montre l’exemple, un exemple dynamique et constructif, sur un continent où le rail a un gros effort de rattrapage à réaliser. De plus, le Conseil fédéral dispose d’une solide référence historique : les premières transversales alpines avaient été construites avec une bonne part de capitaux étrangers. D’où un gros inconvénient. Dans le cas du Gothard, par exemple, pour chaque augmentation tarifaire, il fallait demander l’autorisation de Berlin et de Rome ?Cette situation est à l’origine du référendum obligatoire pour les traités internationaux, décidé par le peuple en 1920.
Dans les conditions précitées, il était logique qu’aucun ministre des transports européen, sans parler de ministres des affaires étrangères, n’ait été invité. Faire une liaison entre la rencontre des deux équipes perçant le Lötschberg et les référendums Schengen/Dublin et l’extension de la libre circulation des personnes relève d’un pur funambulisme.

Michel Béguelin
conseiller aux Etats socialiste vaudois

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