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Dopage : Le droit des vampires

Dans les sept dernières éditions du Tour de France,
Lance Armstrong n’a laissé que des miettes à ses adversaires. Le
cycliste américain a mis fin à sa carrière professionnelle sur les
Champs-Élysées le 24 juillet 2005 sans subir un contrôle positif alors
qu’il était certainement le cycliste le plus surveillé. A peine les
banderoles enlevées, le quotidien sportif L’Equipe révèle que le
laboratoire renommé de Châtenay-Malabry vient de démontrer que six
échantillons d’urine prélevés sur le champion en 1999 contenaient de
l’EPO artificielle, une substance qui ne pouvait être détectée au
moment du contrôle. Les apparences parlent clairement contre Lance
Armstrong, personnage controversé, survivant du cancer et électeur de
George W. Bush.
Mais les apparences ne sont pas encore des
preuves. Sous l’égide de l’Agence mondiale antidopage, des règles
internationalement reconnues sur la répression du dopage ont été
regroupées dans un «Code», dont le contenu a été adopté en 2003 soit
après l’éventuelle prise d’EPO par Armstrong. Or plusieurs des
principes posés par le Code mondial anti-dopage paraissent avoir été
violés.

Les règles bafouées
D’abord, tout sportif doit avoir
en principe la possibilité de demander l’analyse d’un échantillon «B»
et d’assister à l’ouverture de l’échantillon et à la deuxième analyse.
Ce n’est que si les deux analyses sont positives que le cas de dopage
est confirmé et peut être porté à la connaissance du public. Dans cette
affaire d’exception, Armstrong n’aura jamais la possibilité de faire
analyser l’échantillon B.
En outre, ces anciens prélèvements avaient
été congelés en vue de la recherche, ce qui impliquait en principe leur
conservation anonyme et leur utilisation à des seules fins
scientifiques. Une recherche efficace contre le dopage ne peut être
menée que si le sportif donne son consentement à l’utilisation des
échantillons et qu’il a la garantie que les résultats ne seront pas
utilisés contre lui pour prouver un cas de dopage. Le Code mondial
antidopage reprend d’ailleurs ces principes fondamentaux (cf. encadré).
Mais là encore, les spécialistes de la lutte antidopage ont préféré ne
pas respecter les règles qu’ils se sont eux-mêmes données.
Ce qui
arrive aujourd’hui à Armstrong fera peut être peur à certains sportifs
qui flirtent avec les règles du jeu et avec leur santé. Mais à tout
miser sur la peur des «vampires», comme on appelle les contrôleurs
anti-dopage dans le peloton, on risque aussi de saper la confiance
nécessaire qui doit exister entre sportifs et chercheurs pour avancer
dans la lutte contre le dopage. Sous certaines réserves, des preuves
illégalement obtenues ne peuvent pas être utilisées dans une procédure
pénale : après l’affaire Armstrong, on peut se demander si les sportifs
sont vraiment des citoyens comme les autres. ad

Code mondial antidopage (extraits)

Article 6.3. Recherche à partir d’échantillons
«Aucun
échantillon ne pourra servir à d’autres fins qu’au dépistage des
substances (ou classes de substances) ou méthodes énumérées dans la
Liste des interdictions, ou autrement désignées par l’AMA conformément
à l’article 4.5., sans un consentement écrit du sportif».

Article 19.4. Pratiques en matière de recherche
«La recherche en matière d’antidopage devra être en accord avec les principes éthiques internationalement reconnus»

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