Christoph Mörgeli voue de longue date Kaspar Villiger aux gémonies. Il avait déjà publiquement fustigé l’action déterminante de l’ex-patron des finances lors de la faillite de Swissair. Le conseiller national zurichois de l’Union démocratique du centre a récemment franchi le Rubicon : il accuse désormais Kaspar Villiger d’avoir sciemment vilipendé les deniers publics dans Swiss pour se garantir des postes d’administrateur de grandes sociétés, comme Nestlé, après sa retraite du Conseil fédéral. Les électeurs zurichois, en particulier radicaux, ont sans doute sanctionné cette attaque ad personam en barrant la route du Conseil d’Etat à l’ex-candidat UDC Toni Bortoluzzi.
L’UDC ne s’arrête toutefois pas en si bon chemin et veut convertir cette polémique en proposition légale. Le parti déposera pendant la session de printemps une motion pour interdire aux anciens conseillers fédéraux d’accepter des «mandats payés dans des entreprises et des organisations». Petit retour en décembre 2003 : Ruth Metzler devient à moins de quarante ans une jeune retraitée du Conseil fédéral. Conformément à la législation, elle a droit à une retraite confortable, équivalant à la moitié du traitement d’un magistrat en fonction. Cette situation provoque quelques grincements de dents : pas besoin de couvrir l’ancienne ministre d’argent public puisqu’elle aura bientôt des mandats fort bien rémunérés, notamment dans des conseils d’administration.
Presque comme les autres
La loi prévoit que le montant cumulé de la retraite et des revenus d’un ancien magistrat ne saurait dépasser le traitement d’un magistrat en fonction ; sinon, il y a réduction de la rente. La règle s’applique tant à Ruth Metzler qu’à Kaspar Villiger. Elle est un compromis entre l’indépendance financière du magistrat retraité et son droit à exercer des activités qui peuvent être lucratives, même après le Conseil fédéral. Les personnalités qui accèdent aux plus hautes fonctions publiques n’ont pas forcément envie de se consacrer uniquement au jardinage et à l’écriture de leurs mémoires, une fois leur mission à la tête du pays accomplie. C’est tout à l’honneur de la démocratie d’estimer qu’un simple citoyen peut gouverner son pays et redevenir ensuite un citoyen presque comme un autre. ad
La prise de position de Christoph Mörgeli
est disponible sur le site de l’UDC
www.svp.ch/index.html?page_id=1483&l=3
Ordonnance de l’Assemblée fédérale du
6 octobre 1989 concernant le traitement et la prévoyance professionnelle des magistrats,
RS 172.121.1
www.admin.ch/ch/f/rs/c172_121_1.html





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