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Edito : La libre circulation parce que c’est l’intérêt des salariés

icone auteur icone calendrier 26 août 2005 icone PDF DP 

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Dans le cadre d’une campagne référendaire, le temps n’est plus aux arguments de principe et aux généralités. Dire que la Suisse fait tout naturellement partie de l’Europe, que les étrangers ont depuis toujours contribué à notre richesse, que nous avons besoin d’accéder aux nouveaux marchés de l’Est européen, que les expériences faites jusqu’ici avec les accords bilatéraux sont positives, tout cela ne convaincra pas les citoyennes et les citoyens hésitants.
A l’évidence, la peur domine le débat. Peur pour l’emploi, peur pour le salaire. Une peur alimentée par un contexte économique plus rude qui voit se multiplier les restructurations et leur cortège de suppressions d’emplois, les rationalisations et la péjoration des conditions de travail qu’elles induisent, les déqualifications provoquées par l’évolution technologique et les pertes de salaire qui s’ensuivent. Et il faudrait encore subir la concurrence de travailleurs étrangers prêts à accepter des salaires indécents ?
Cette peur est compréhensible, mais elle n’est pas justifiée. Certes les abus ne sont pas exclus, mais ils pourront être combattus grâce aux mesures d’accompagnement. Avec l’extension de la libre circulation, le marché du travail sera mieux contrôlé, la déclaration de force obligatoire des conventions collectives plus facilement possible. Et dans les secteurs sans conventions, les organisations syndicales auront à guerroyer pour que les commissions cantonales tripartites exercent efficacement leur contrôle.
En cas de rejet de l’extension de la libre circulation, ce n’est pas le statu quo qui prévaudra. Car l’Union européenne ne pourra réagir que négativement à ce rejet. On ne peut prévoir dans le détail toutes les modalités de cette réaction. Mais à coup sûr nos relations avec Bruxelles se tendront, ce qui pénalisera gravement nos exportations. Et quand les exportations sont à la peine, c’est toute l’économie nationale qui souffre.
Le refus de l’extension de la libre circulation ne contribuerait donc pas, bien au contraire, à la sauvegarde des emplois et à la garantie du niveau actuel des salaires. Et l’absence de mesures efficaces de contrôle favoriserait le travail clandestin, à des conditions qui elles représentent le vrai danger pour les salariés. jd

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