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Edito : La panne insupportable

icone auteur icone calendrier 1 juillet 2005 icone PDF DP 

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Les pannes – la totale mercredi et des répliques les jours suivants – qui ont affecté le réseau des CFF ont surpris. Quoi? la grande régie, qui quotidiennement délivre ses prestations avec la fiabilité et la précision d’un mécanisme d’horlogerie, peut soudain se trouver paralysée?
Aux dernières nouvelles, il s’agirait d’une erreur de gestion et d’une sous-estimation du risque, le coût dans un contexte de fragilité de la distribution électrique. Deux lignes parallèles susceptibles de suppléer la défaillance de celle endommagée par un court-circuit étaient hors service pour des raisons techniques. Et le transformateur capable de maintenir la tension électrique du réseau était déconnecté pour cause d’économies de personnel.
C’est dire que les CFF peuvent faire mieux, mais à condition qu’on leur en donne les moyens. La régie est consciente des faiblesses de son réseau électrique. Aussi tente-t-elle de le renforcer. Mais son action est contrecarrée par de nombreux recours. Au banc des accusés, non pas les organisations écologistes comme l’ont aussitôt suggéré les adversaires du droit de recours, mais des particuliers, des communes et des cantons.
Voilà qui nous rappelle que sur la scène politique se bousculent intérêts et objectifs les plus divers dont aucun n’a valeur d’absolu. Et que les décisions collectives consistent à arbitrer entre ces intérêts et à trouver des compromis. La mobilité assurée et la sauvegarde des paysages ne font pas bon ménage, pas plus que l’efficacité technique et le respect des droits démocratiques. Au fait, combien de passagers pestant contre ces pannes se sont-ils opposés à un tracé de ligne à haute tension dans leur région, ou l’auraient-ils fait si le cas s’était présenté?
Reste que l’erreur sera toujours possible et ses conséquences d’autant plus perturbatrices que notre vie quotidienne est balisée par des réseaux très complexes et interdépendants. Les esprits chagrins ont vu dans ces défaillances une preuve supplémentaire du déclin du pays en termes de qualité et de fiabilité. Or c’est bien plutôt la régularité, la normalité des prestations, en l’occurrence celles des CFF, qui devraient faire notre admiration. Paradoxalement, moins les pannes sont nombreuses et plus croît notre intolérance à l’égard des désagréments qu’elles créent.
En question, la mobilité comme expression de la liberté, mobilité pour obéir à toujours plus de contraintes. jd

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