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Edito : Des gisements d’économies

icone auteur icone calendrier 17 juin 2005 icone PDF DP 

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Ce n’était qu’un armistice, officialisé par une initiative populaire en 1990. Mais au-delà du droit, les faits mêmes ont imposé ce moratoire de plus d’une décennie sur le nucléaire : opposition de la population et offre suffisante d’électricité.
La fermeture des centrales de Beznau (2020) et Mühleberg (2032), tout comme l’échéance des contrats de livraison signés avec EDF (Energie de France), expliquent la réouverture des hostilités. Le directeur de l’Office fédéral de l’énergie a tiré le premier : à titre de solution transitoire, une centrale à gaz devrait nous tirer d’affaire, le temps que soit prête une nouvelle génération de réacteurs nucléaires, plus sûre, et que mûrisse le potentiel des énergies renouvelables. Puis Axpo, le numéro un de l’électricité en Suisse, a confirmé le besoin d’une centrale à gaz, y ajoutant l’exigence d’une centrale nucléaire. Car si nous ne développons pas nos moyens de production, prévoit le producteur-distributeur, nous devrons importer la moitié de la consommation actuelle à l’horizon 2030.
A gauche et chez les écologistes, on refuse fermement cette fatalité. Par idéalisme aveugle à nos besoins ? Non, tout simplement par réalisme. Car ni le gaz ni le nucléaire ne sont exempts de problèmes : le premier ferait échouer notre objectif de réduction des émissions de CO2 ; le second n’a toujours pas résolu la gestion de ses déchets. Par ailleurs les grandes centrales de production présentent un risque pour la sécurité de l’approvisionnement – Leibstadt, 1/7 de la production électrique, est à l’arrêt depuis plusieurs semaines – et mobilisent des capitaux importants.
Notre avenir énergétique passe par une production diversifiée et décentralisée et par une politique volontariste d’économies. Diversification et décentralisation impliquent que soient soutenues les énergies renouvelables, par exemple en rachetant leur production au prix coûtant : l’Allemagne a fait ce choix depuis une dizaine d’années, stimulant l’innovation technologique et abaissant de moitié le coût des énergies alternatives.
Quant à la maîtrise de la consommation, elle exige à la fois prescriptions techniques et taxes d’incitation. Car, il faut sans cesse le répéter, le potentiel d’économies, à usage constant, est gigantesque.
Le choix offert aux citoyens est donc clair : diversification et décentralisation de la production, usage rationnel de l’énergie contre la continuation du programme nucléaire. jd

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