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Edito : La haine de l’Etat

icone auteur icone calendrier 13 mai 2005 icone PDF DP 

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Dans un premier temps, le Conseil fédéral a proposé de renforcer les contrôles fiscaux – TVA et impôt direct. Il aurait donc fallu engager et former du personnel supplémentaire. Mais l’investissement aurait été rentable puisqu’un contrôleur TVA débusque en moyenne deux millions de francs, alors qu’il ne coûte que 200 000 francs, salaire, charges sociales et place de travail compris. La démarche paraît logique : dès lors que les programmes d’allégement budgétaire visent à l’équilibre des comptes, les mesures d’économies doivent se conjuguer à un meilleur rendement fiscal. Le gouvernement compte sur des rentrées supplémentaires de cent millions.
Dans un deuxième temps, Hans-Rudolf Merz annonce la suppression de quinze postes de contrôleurs fiscaux TVA, programme d’abandon des tâches oblige. Là, nous perdons le fil. Car si nous comptons bien, la Confédération sera financièrement perdante. Visiblement, l’obsession des économies obscurcit la raison des autorités.
Cet illogisme ne trouble pas l’UDC, bien au contraire. Par la voix de son secrétaire général, elle salue cette pirouette : «ça n’est pas la tâche prioritaire de la Confédération d’employer des gens qui prennent l’argent dans la poche des autres». Et d’ajouter : «On doit soustraire de l’argent à l’Etat et non pas engager du personnel qui lui en rapporte». Voilà qui est clair. Pour celles et ceux qui ne l’auraient pas encore compris, en particulier l’électorat de l’UDC, l’impôt est un vol et l’évasion, voire la fraude fiscale, un acte de légitime défense.
Ces propos viennent à point éclairer ceux tenus ce dimanche par le chef de file du parti, aujourd’hui conseiller fédéral, sous prétexte de commémorer la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Les frontières, a-t-il affirmé, sont «le garant de l’Etat», une manière peu équivoque de s’opposer aux accords de Schengen/Dublin. Mais de quel Etat ? Un Etat démuni, dans l’impossibilité de remplir les tâches indispensables à la cohésion sociale, un Etat auquel le plus grand nombre ne pourra plus s’identifier.
L’UDC et son agent au sein du gouvernement sont des ennemis déclarés de l’Etat. Leurs hymnes à la patrie ne constituent que des trompe-l’œil. Grattez le vernis et vous découvrez une haine viscérale des institutions. L’hygiène politique commande d’isoler ces ennemis et de les bouter hors du Conseil fédéral. jd

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