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Programme d’allégement budgétaire : La courte vue des comptables

icone auteur icone calendrier 15 avril 2005 icone PDF DP 

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L’exercice d’allégement budgétaire prend l’allure d’une noce à Thomas. Chaque parlementaire se croit obligé de renchérir dans la rigueur : moins vingt millions ici, moins trente millions là, réduction d’un quart du budget de l’Office fédéral de la culture, la palme revenant à la proposition de coupe drastique du budget de l’Office fédéral du logement qui pourrait perdre 150 de ses 218 millions. Le Conseil fédéral n’est pas en reste qui propose une réduction linéaire de 5% des dépenses de fonctionnement de chaque département. L’imagination réductrice ne connaît pas de bornes : pourquoi ne pas fusionner les offices de l’agriculture, du développement territorial et de l’environnement, comme le suggère un UDC zurichois – économie de 200 millions à l’horizon 2008 – ou encore fermer quelques ambassades – proposition de deux PDC, le Jurassien Pierre Kohler et le Valaisan Christophe Darbellay ?
Ces coups de crayon, même s’ils ne sont pas étayés par une réflexion sur les rationalisations possibles de l’action publique et ne découlent pas de l’établissement d’un ordre de priorité, vont modifier de manière importante de nombreuses politiques. Les commissions ad hoc chargées de préparer le rétablissement de l’équilibre budgétaire se substituent ainsi aux commissions spécialisées du Parlement. Et les changements politiques qu’elles risquent de provoquer par le biais financier ne sont pas débattus, tout simplement parce que personne ne se préoccupe des effets de ces économies. Les commissaires en charge de la rigueur budgétaire n’hésitent pas à contredire parfois des décisions récentes du Parlement. Ainsi le Conseil national vient d’accepter une augmentation du crédit annuel en faveur de l’abaissement des primes de l’assurance maladie, sur proposition de l’UDC. Et aussitôt les représentants de ce parti au sein de la commission ad hoc du National proposent de réduire ce crédit de 125 millions.
Le dossier de la défense illustre bien les réformes à froid induites par l’hystérie des économies. Le projet «Armée XXI», pourtant adopté en votation populaire, ne verra probablement jamais le jour. Le programme d’allégement budgétaire (PAB 04) ne lui octroiera pas les quatre milliards nécessaires à sa mise en place. On peut critiquer ce projet, mais il n’est pas admissible que, par le biais de coupes budgétaires, les planificateurs militaires façonnent une armée d’intervention réduite dont le Parlement n’a pas voulu à l’époque et dont les contours n’ont jamais fait l’objet ni d’analyses approfondies ni d’un débat politique. On pourrait multiplier les exemples de réformes à froid, sans légitimation politique, engendrées par la politique budgétaire. La stupide réaction du Parlement à l’affaire Hirschhorn tend à devenir la règle. jd

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