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Secret bancaire : Une voix dissidente

icone auteur icone calendrier 19 mars 2004 icone PDF DP 

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Hans J. BŠr a dirigé durant de nombreuses années la banque Julius BŠr, l’une des plus importantes banques privées du pays. A 76 ans, il publie ses mémoires. A propos du secret bancaire, il ne craint pas de faire cavalier seul : «Je doute que le secret bancaire soit de niveau constitutionnel, comme cela est proposé actuellement. Toute cette discussion est menée de manière très unidimensionnelle. Le secret bancaire est un instrument défensif qui préserve la Suisse de la concurrence et qui, pour reprendre le mot de Churchill, nous rend Ògras mais impotentÓ. A long terme, la formation n’est pas moins importante que le secret bancaire».
Dans une interview à Die Weltwoche, le banquier précise sa pensée. Voici quelques extraits.
Les banques suisses sont-elles arrogantes ?
Non. Elles manquent parfois de sens éthique.
Mais vous défendez le secret bancaire ?
Non.
Nous sommes surpris : voulez-vous l’abolir ?
Non, mais j’aimerais clairement le limiter. Il y a trop de choses qui sont difficiles à expliquer à l’étranger. Après la Deuxième Guerre mondiale, les banquiers suisses ont refusé toute information à des héritiers qui recherchaient l’argent de leurs parents sur des comptes en déshérence. Et ce au nom du secret bancaire, même lorsque les banques disposaient des documents.
Comment limiteriez-vous le secret bancaire ?
En Suisse nous distinguons de manière stricte entre fraude et évasion fiscale. En cas de fraude, nous sommes prêts à lever le secret bancaire, mais pas pour l’évasion. C’est une attitude très problématique qui traduit une absence d’éthique. Je suis probablement trop stupide pour saisir la différence. Lorsque je donne de fausses indications dans ma déclaration fiscale, ça n’est pas de la fraude mais de l’évasion. Et pourquoi donc ? Parce que la déclaration fiscale n’est pas considérée comme un document. Vous ne pouvez pas faire comprendre cela à un Anglo-Saxon : ou vous payez des impôts ou vous n’en payez pas, il n’y a pas de situation intermédiaire. C’est comme si vous me disiez : vous pouvez tuer votre belle-mère mais pas votre mère.

Hans. J. BŠr, Seid umschlungen, Millionen Ð Ein Leben zwischen Pearl Harbour und Ground Zero, Orell Füssli, Zürich, 2004.

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