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Initiative UDC: quand l’emballage l’emporte sur le contenu

Le slogan, la portée réelle et les conséquences non assumées

Photo Kecko
Photo Kecko (licence CC)

L’escroquerie politique n’est pas passible du Code pénal. Elle peut même se pratiquer avec succès. Et c’est la démocratie directe qui en souffre.

En soutenant l’initiative «contre une immigration de masse», une majorité du corps électoral s’est donc prononcée en faveur d’un plafond annuel et de contingents d’étrangers autorisés à séjourner durablement en Suisse. En toute bonne foi, elle a cru opter pour un contrôle et une réduction du flux migratoire remplaçant une augmentation sans limites.

Mais ces citoyennes et citoyens ont-ils lu le texte de l’initiative? Plafond et contingents seront déterminés «en fonction des intérêts économiques globaux de la Suisse». Donc selon les besoins exprimés par les entreprises. L’économie continuera ainsi à réguler l’immigration, comme jusqu’à présent dans le cadre de la libre circulation avec l’Union européenne. Il n’est pas question d’une réduction de principe.

C’est d’ailleurs sous le système des contingents, en vigueur avant l’introduction de la libre circulation, que notre pays a connu le plus fort afflux d’étrangers (DP 2024).

Ce sont les auteurs de l’initiative Ecopop (DP 2025) qui expriment clairement un tel objectif: une croissance limitée annuellement à 0,2% de la population résidente. Ce n’est pas le souci de l’UDC qui, sous couvert de préserver le pays d’une immigration jugée néfaste – pression sur le marché du logement, transports, bétonnage… –, ne veut en réalité pas renoncer à la main-d’œuvre étrangère, mais la fragiliser: séjour saisonnier, obstacle au regroupement familial, statut précaire qui favorise la docilité. Ce qui ne l’empêchera pas de crier au viol de la volonté populaire au cas où le plafond lui paraîtrait trop élevé et de lancer une nouvelle initiative dite «de mise en œuvre». C’est pourquoi nous avions parlé d’escroquerie (DP 2019)

Les partisans de l’initiative ont sans doute été séduits par l’affirmation d’une autonomie retrouvée, comme le proclame fièrement l’alinéa premier du nouvel article constitutionnel: «La Suisse gère de manière autonome l’immigration des étrangers.» Pour le surplus, le Conseil fédéral doit sans délai se rendre à Bruxelles pour négocier les détails, indique doctement l’UDC.

Pourtant les fanfaronnades de nos nationalistes ne feront pas longtemps illusion. Le vote du 9 février dernier a fragilisé notre position à l’égard de l’Europe. En fait d’autonomie, nous nous sommes mis en situation de dépendance. Nous sommes les demandeurs puisque nous n’avons pas tenu nos engagements contractuels. Et la menace de mesures de rétorsion est réelle.

L’UDC n’en a cure. Sa ligne de conduite permanente est dictée par sa détestation de l’Europe et consiste à détricoter nos relations avec Bruxelles. L’Espace économique européen, rejeté le 6 décembre 1992, représentait une perte de souveraineté inacceptable. Les accords bilatéraux? Une stratégie cachée de la part des autorités pour camoufler une adhésion rampante.

Et maintenant? Ce n’est pas le problème des nationalistes qui ne pensent et n’agissent que pour manifester et renforcer leur pouvoir en surfant sur les humeurs et les insatisfactions d’une partie de la population, sans considération aucune pour l’impact de leurs propositions.

Pour expliquer le malaise à l’égard des flux migratoires, on a beaucoup – DP compris – évoqué le stress que provoqueraient les transports en commun bondés, la pénurie et le coût du logement, le bétonnage du territoire, la sous-enchère salariale entre autres. Ces motifs sont plausibles. Mais la géographie des résultats autorise une explication complémentaire. Les régions censées être les plus touchées par ce stress ont rejeté l’initiative, alors que le soutien est venu de celles qui sont le moins concernées.

C’est donc qu’il existe une fracture entre les centres urbains, moteurs de la croissance économique, et les territoires périurbains et ruraux, nostalgiques d’une Suisse plus tranquille et préservée des changements. Ces derniers oubliant qu’ils bénéficient de la richesse créée par les premiers – voir notamment la péréquation financière intercantonale. A terme, cette fracture peut mettre en péril la cohésion confédérale.

Vous l’avez probablement observé au sein de votre entourage – «Non, je ne suis pas xénophobe, mais…» –, cette votation fut l’occasion de marquer le coup, de donner un signe, de manifester un ras-le-bol indépendamment du sujet en jeu, sans considération des effets juridiques, et un sentiment d’impuissance, de protester contre une évolution que même le politique ne parvient pas à maîtriser, à façonner. Dans ces conditions, la démocratie directe perd sa fonction de contre-pouvoir telle que conçue par la logique de nos institutions et devient l’exutoire d’un mal-être. Le débat politique s’efface au profit de l’expression des émotions. C’est là précisément le terrain qu’affectionnent les populistes.

Le dossier de l’immigration, plutôt que de focaliser sur les étrangers boucs émissaires, aurait pu et pourrait encore donner lieu à des questions d’une tout autre importance sur le sens et la nature de la croissance, la gestion des ressources non renouvelables, la répartition équitable des richesses. Il aurait pu et pourrait encore nous conduire à l’examen critique de la politique délibérée de notre pays consistant à attirer par des attraits fiscaux les fortunes étrangères et les sièges des sociétés multinationales, privant ainsi nos voisins de ressources indispensables, au nom d’une concurrence de fait déloyale. Car une partie de notre richesse, osons le dire, relève de la prédation.

Revenons à l’actualité. La Suisse, qui se croit maintenant autonome, se trouve en réalité face à des incertitudes qu’elle ne parvient pas à dissiper. Simonetta Sommaruga annonce son intention de concrétiser rapidement les exigences de l’initiative. C’est tant mieux. Ainsi nous ne tarderons pas à connaître les effets néfastes de ce vote.

Et, qui sait, peut-être éclairés enfin sur la portée de cette décision, serons-nous prêts à la revoir? Aucun article constitutionnel n’est gravé dans le marbre.

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Discussion

  • 1
    Laurent Ducommun

    Le douzième canton
    Même si je la surmonte, j’ai toujours un peu honte à écrire un commentaire dans Domaine Public, quand je lis la haute teneur de la plupart des articles qui y sont publiés. Et le dernier de JDD en est évidemment un.
    Comme les lecteurs de DP ont pu sans doute le constater, la votation de dimanche dernier m’a beaucoup inspiré (je suis pro-UE à fond)… mais ce sera la dernière fois que je m’exprime à ce sujet, promis ! (Je ne le jure toutefois pas, la chair humaine est faible…).
    La dernière phrase de l’article de JDD « Aucun article constitutionnel n’est gravé dans le marbre. » est en fait très actuelle. Je me réfère maintenant à L’ «Exposé des institutions politiques de la Suisse à partir de quelques affaires controversées, Ed. Payot Lausanne, 1978) » de Jean-François Aubert, qui est un de mes livres de chevet, à côté il est vrai de bandes dessinées…
    Il est dommage que son auteur soit maintenant trop âgé pour débattre de la situation actuelle, qui le passionnerait sans doute. Et même si depuis 36 ans ce livre pourrait être un peu dépassé, puisque nous avons une 3e constitution fédérale (1999-2000)… inspiré d’ailleurs en grande partie par les réflexions de J-F A. Cette constitution de l’an 2000 est du reste plutôt une restructuration de la précédente de 1874 qu’une nouvelle à proprement parlé.

    J’en viens enfin aux faits ! Dans l’alinéa numéroté 390 du livre cité, j’extrais ce bout de phrase à propos du Conseil fédéral (CF) « .., le Gouvernement occupe une position très forte. »
    En fait la plupart de mes concitoyens, et même peut-être certains des conseillers fédéraux actuels, ignorent que le CF a juridiquement, et aussi dans les faits, un pouvoir considérable. On l’a d’ailleurs bien vu par exemple lorsqu’il a sorti de son chapeau des dizaines de milliards pour sauver l’UBS il y a quelques années.
    Concrètement le CF peut TOUT DE SUITE édicter 3 mesures :
    1. Demander au Parlement que le Conseil fédéral passe à 9 membres.
    2. Demander au Parlement d’annuler ou de modifier à nouveau les articles constitutionnels que nous avons voté le 9 février à propos de la soi-disant immigration massive.
    3. Demander que ces 2 demandes soient traitées en urgence.
    Après une acceptation probable par le parlement actuel de ces 2 demandes, elles repasseraient évidemment rapidement devant le peuple et les cantons.
    La première demande pourrait être refusée, mais cela est d’importance secondaire par rapport à la seconde. Dans mon idée, l’idée est que dans les faits il y ait à l’avenir parmi les neuf membres au moins un représentant de chacune des 4 régions suivantes : Suisse italophone, Suisse francophone, Suisse centrale et Suisse orientale. Pour les 5 autres, pas de spécification, à mon avis.
    La seconde demande est évidemment la plus importante. Même si l’analyse VOX de la votation du 9 février 2014 ne sera disponible que dans quelques semaines, on sait déjà que les électeurs âgés,  les électeurs des régions rurales et en gros les électeurs conservateurs ont voté en plus grande masse ( !) que par exemple les jeunes urbains.

    Ces derniers devraient maintenant se sentir beaucoup plus concernés par un nouveau vote, ce qui fait que raisonnablement on peut penser que le OUI de la population l’emporterait. Le OUI signifierait donc cette fois que ce système de contingents de travailleurs étrangers (à établir) serait annulé.
    Restent les cantons, où le OUI devrait être aussi majoritaire. Par une bonne campagne de votations, où tout le personnel politique raisonnable ce de pays s’engagerait cette fois à fond, il est aussi raisonnable de penser que les cantons de Berne et des Grisons, et le demi-canton de Bâle-Campagne voteraient OUI cette fois.
    Reste un douzième canton nécessaire. La campagne devra donc se focaliser sur les 3 cantons centraux de Lucerne, Soleure et d’Argovie.
    Vous me direz, c’est bien beau tout ça, mais ça va mettre le feu au pays, avec l’UDC qui va combattre tout cela avec des millions…
    Peut-être, mais je ne le crois pas, si le Conseil fédéral fait enfin ce qu’on attend de lui, c’est-à-dire qu’il montre enfin qu’il a des c…. (pardon pour les 3 dames du CF, mais elles en ont peut-être plus que leurs 4 collègues masculins).

    • Vous avez là un excellent livre de chevet et une juste analyse des pouvoirs du Conseil fédéral. L’initiative de l’UDC, qui méconnaît et détourne constamment les institutions suisses héritées du XIXème, s’attaque d’ailleurs surtout aux compétences du gouvernement en restreignant sa marge de manoeuvre pour négocier et signer des traités internationaux. Comme vient de l’indiquer Mme Sommaruga à son homologue croate, le gouvernement n’a plus les mains libres et n’en est donc plus réellement un.

  • 2
    francoise buffat

    Comme vous je pense qu’une fois les conséquences du vote vraiment connues, comme pour le programme Erasmus, pour la main d’oeuvre paysanne, etc.., il pourrait être justifié de faire revoter le peuple. Une partie des citoyens a sans doute été dégoûtée par la campagne trop massivement unilatérale orchestrée par les patrons de l’économie.  Et personne, sauf Philippe Roch, n’a parlé d’un vote contre une croissance  jugée démesurée: c’est à cela aussi qu’il faudrait réfléchir plus posément.

  • Le refus des minarets n’a eu aucune conséquence pour les suisses. Donc, dans bien des esprits, le refus de la libre circulation ne devait pas en avoir non plus.
    D’autre part, il faut insister sur le fait que maintenant, encore et toujours, l’UDC parle de supprimer les mesures de protection. Cela ne pourra que défavoriser, ce que les votants de l’initiative croient obtenir, la priorité des employés suisses sur les étrangers. On est de retour dans les starkings blocs. Courage on les aura.     

  • Quand un politicien élu commet des erreurs, on peut ne pas le réélire. Il en supporte les conséquences. Le peuple lui n’a aucune responsabilité. Il compte d’avance sur le gouvernement et le parlement pour aplanir les effets négatifs de sa décision. Il suffit au peuple de crier. Exemple: selon un sondage du Blick am Sonntag de hier, 75 % des Suisses ne veulent pas remettre en question les bilatérales. Malheur au gouvernement et au parlement si (i) il y des effets négatifs sensibles ou (ii) un changement dans le sens de l’initiative n’est pas possible. Dans les deux cas, ils seront considérés comme des « pommes » de la classe politique. Que le gouvernement et le parlement tentent de réduire les inconvénients pour le pays, c’est de leur devoir. Ils ne peuvent raisonnablement pas imposer avec de grands dommages pour tous un résultat que la moitié des votants ne voulait pas. Ce ne serait plus de la démocratie, mais la dictature de la majorité, en plus dans un pays multiculturel et fédéral. L’idée que le gouvernement et le parlement ne sont que des exécutants de la volonté populaire « whenever and on whatever it is expressed » est une perversion de notre système politique, comme de tout système démocratique. Si cela devait être le cas, on pourrait les remplacer par une administration de fonctionnaires. Le CF et le parlement devraient rejeter cette notion populiste et diriger au lieu d’être tétanisés par la peur d’une initiative. Le CF peut démissionner en cas de différent fondamental avec le peuple et mettre le peuple devant des responsabilités.
    Le peuple qui a voté est prisonnier et accroc de ses mythes, de son confort, de sa vie de consommation. Il n’est donc pas libre et son vote est l’expression d’une peur, tout le contraire d’une expression de liberté. L’expression de la liberté c’est l’action avec le risque, le changement qui en résultent. La rencontre et le respect nécessaire des autres en font partie, car on ne peut être libre seul. Un état c’est d’abord la volonté de vivre ensemble. Et il n’y a pas de liberté sans responsabilité. Quand on veut protéger ses acquis ou refuse de voir les changements, il y a peur de la responsabilité et donc pas de liberté.  Pour les citoyens, la liberté n’est pas d’abord un droit, mais une obligation, à cause de la responsabilité qui en est inséparable. Les oui du 9.12 ne sont pas l’expression d’une liberté responsable, mais le cri d’un prisonnier, d’un anxieux, donc par définition incapable de liberté et de responsabilité. 

    • 4.1
      Philippe Berney

      Vous avez parfaitement raison. En définitive, c’est d’avantage une question de sécurité, de psychologie individuelle, qu’une question politique. Il y a ceux qui se sentent en sécurité seul, coupés des autres. Il y a les autres qui préféreront la sécurité du groupe de l’ensemble de la collectivité internationale.
      Il en va de même pour certains automobilistes qui préfèrent la solitude des chemins de campagne à la circulation incessante des autoroutes. L’inverse existe également. Ce genre de question se répartit généralement dans la population naturellement par moitié-moitié. Comme se répartissent les sexes à la naissance par une égalité quasi parfaite entre fille et garçon.
      Concernant les automobilistes, une partie se fait violence, les avantages et la rapidité de l’autoroute sont déterminants. Donc, au lieu d’être tabou, le sujet de la libre circulation des personnes aurait dû être abordé bien plus souvent de manière ouverte de façon à familiariser le peuple suisse avec sa problématique.
      Le racisme et son approche, sujet tabou par excellence, nous a joué un mauvais tour.

  • Si on n’avait pas l’impression que ce gouvernement brade notre souveraineté, notre indépendence, nos libertés, on ne voterait pas ce genre d’initiatives exprès pour lui lier les mains. On ne peut quand-même pas laisser les mains libres à des gens qui veulent adhérer à l’Union Européenne sans le dire, alors que nous ne le voulons à aucun prix !

    Au reste, vouloir faire revoter les gens c’est une vue de l’esprit. Sous quel prétexte revoter ? Il faudrait un texte constitutionnel qui oblige à revoter. Ce texte n’existe pas.
     
    C’est dans les pays subissant la domination impériale eurocratique qu’on oblige les peuples à se déjuger sous la contrainte et la menace. Mais nous ne sommes pas dans l’UE. Nous ne sommes pas le Danemark, ni l’Irlande, ni la France. Nous sommes encore libres, justement. Tout est là. Et c’est bien pourquoi on ne peut pas nous extorquer un deuxième vote. La souveraineté est une pointe de diamant. D’ailleurs tout le monde le sait et l’a compris: le Barroso qui menace (mais il est sur un siège éjectable) et M. Burkhalter, qui se montre beau joueur (reconnaissons-lui ce mérite, tout à son honneur si l’on compare avec J.-P. Delamuraz) et qui s’est immédiatement incliné, tout comme Mme Sommaruga, devant le verdict du souverain.
     
    Il y aura des incertitudes et un prix à payer nous dit-on. A la bonne heure. Pour les incertitudes nous en avons vu d’autres depuis le général Guisan et Pilet-Golaz, sans remonter à Sempach et Morgarten. Et pour le prix à payer, nous le payerons.
     
    La souveraineté, l’indépendance la liberté n’ont pas de prix.
     
    Et qu’on ne nous dise pas que nous n’avons pas réfléchi avant. Il ne faut pas prendre les Suissesses et les Suisses pour des benêts. Ils ont voté en pleine connaissance de cause.

    • 5.1
      Laurent Ducommun

      « Ils ont voté en pleine connaissance de cause » affirmez-vous.
      Je ne sais pas ce qui vous permet d’affirmer cela, mais je suis convaincu du contraire, et cela pour une large minorité de la population.
      On attribue à Churchill cette phrase: « la démocratie est le pire système de gouvernement… à l’exclusion de tous les autres. »
      Car le problème de la démocratie, c’est qu’elle est incompatible avec l’analphabétisme ou l’illettrisme.
      Or l’illetrisme est devenu un fléau en Suisse, et je ne crois pas que c’est l’UDC qui va faire débloquer des dizaines de millions pour combattre l’illettrisme de pas mal de Bons Suisses…

    • Oui, à partir de ce texte fumeux, il faut voter sur un projet de loi précis du Conseil fédéral incluant le retrait des accords bilatéraux qui sont une conséquence des quotas.

  • Il y a un phrase qui m’a fortement intéressé dans ton texte: « Vous l’avez probablement observé au sein de votre entourage – «Non, je ne suis pas xénophobe, mais..»

    En effet, interrogeons nos entourages et nous verrons combien le nombre en est grand des gens de gauche bien pensant et tout… qui ont voté cette initiative. c’est cela qui l’a fait passer. Impossible de passer outre sans voir le problème béant quand le Spiegel du 17.02 interview Blocher et titre « Wir sind alle Schweizer… », quand Die Zeit 10.02 de la même semaine met en dialogue deux philosophes, Ulrich Beck, un européen qui défend la société post-capitaliste de laquelle les Nations auront disparu, et Alain Finkelkraut, qui comprend le vote des Suisses parce que l’Europe ne laisse pas s’exprimer les citoyens (les bureaucrates de Bruxelles). Donc, plus d’un ami dans mon entourage a voté pour l’initiative, et cela démontre la langue de bois de nos élites (PS en tête).

    Ce qui me frappe, ce n’est pas le Roestigraben, c’est le fossé qui sépare maintenant la sensibilité des votants et celles des parlementaires. Vote émotionnel bien sûr, escroquerie d’accord, mais descendez donc dans les bistrots et dans la rue pour entendre le langage de la majorité.

  • Qu’importent les éventuels désagréments de la décision populaire puisque comme d’habitude, l’UDC va nous apporter tous les remèdes nécessaires pour que le brave peuple des bergers, même des bergers ouvriers, continue à profiter de la prospérité du pays.

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